mardi 17 avril 2018

L'île des oubliés


Saga familiale bouleversante et plaidoyer vibrant contre l'exclusion, L'Île des oubliés a conquis le monde entier avec ses personnages inoubliables. Traduit dans vingt-cinq pays, vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce roman d'évasion plein d'émotion et de suspense nous emporte au large de la Crète, sur une île au passé troublant.

Alexis, une jeune Anglaise, ignore tout de l'histoire de sa famille. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère en Crète. Elle y fait une terrible découverte : juste en face se dresse Spinalonga, la colonie où l'on envoyait les lépreux... et où son arrière-grand-mère aurait péri.
Quels mystères effrayants recèle cette île des oubliés ? Pourquoi la mère d'Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets...


Mon avis

Merci à Adèle pour cette lecture commune. Ce titre qui a fait connaître Victoria Hislop était dans ma « liste » de livres à lire cette année. La quatrième me faisait très envie, et j’avais envie de me laisser emporter par ce roman, comme tant de lecteurs avant moi.

L’histoire est construite en deux temps. D’abord, nous suivons Alexis, jeune femme partie en vacances en Crète qui profite de ce voyage pour découvrir la terre de ses ancêtres. Elle va y rencontrer Fotini, l’amie de sa grand-mère maternelle, qui va lui raconter l’histoire de sa famille. On plonge alors dans les années 1940, dans la vie d’Anna et Maria, deux sœurs, dont la mère est atteinte de la lèpre. Cette dernière va être envoyée sur une île non loin du village, où les lépreux sont isolés. C’est un coup dur pour tout le monde.
Cette construction m’a un peu dérangée. Nous ne revoyons plus Alexis avant la fin du récit et j’ai trouvé ça dommage. Elle ne fait que déclencher l’histoire, mais n’y apporte rien. La quatrième de couverture nous promet un secret de famille, et à force, vous savez à quel point j’en raffole. Mais si le secret est dévoilé dès le début, ou en partie, il n’y en a plus vraiment. L’intrigue était pour moi très simple, alors que je m’attendais à plus.
À côté de ça, c’est un roman qui se lit bien, je le trouve idéal pour des vacances par exemple.

Les personnages sont attachants, mais j’ai préféré suivre ceux qui se trouvent plutôt en second plan, que les principaux. Anna et Maria, malgré leurs différences, ne m’ont rien provoqué. Vu leurs tempéraments différents, je pensais m’attacher plus à l’une qu’à l’autre, mais non. J’ai préféré rencontrer leur père, Giorgis, qui est beaucoup plus brute, et d’une tendresse à couper le souffle. C’est un homme aux multiples facettes, qui n’hésite pas à jouer plusieurs rôles pour se préserver lui et sa famille. Il perd son temps au bistro du coin pour qu’on le prenne pour un homme qui aime boire des verres avec les hommes du village. Alors qu’il n’en est rien. En une journée, il devient papa-solo et presque veuf. Je pense qu’il en aurait eu des choses à raconter.
Anna est détestable. C’est le personnage que l’autrice crée pour qu’on ne l’aime pas. Elle n’a rien d’intéressant. Elle a été écrite, pour moi, uniquement dans le but de mettre des bâtons dans les roues de sa sœur. Pour que Maria nous devienne attachante. Le duo fonctionne, bien sûr, mais n’est pas assez travaillé. Maria est la fille parfaite. Vraiment parfaite. Trop, comparée à sa sœur. C’est ce qui fait que je n’ai pas réussi à m’intéresser à elle. Elle est le pendant positif d’Anna, et même son destin n’aura pas su m’impressionner.

J’ai effectué cette lecture début mars, nous venions d’avoir une couche de neige mémorable, et je me retrouvais à suffoquer sur les plages de Crète. Soit un mélange totalement absurde pour moi. Si vous avez besoin de chaleur, lancez-vous ! Rien que pour ça. De mon côté, ça aura été un frein. J’aurais pu m’en douter toute seule avant de commencer. Je préfère les histoires qui viennent du froid. Mais je ne me ferme aucune porte, des fois quelques rayons de soleil font également du bien. Juste pas cette fois.

Je ne ressors pas totalement convaincue, ni complètement déçue de cette lecture. C’est un mi-figue mi-raisin. Je reconnais le succès de ce titre, car il est plaisant à lire. De mon côté, j’aurais voulu en avoir plus.


Autrice : Victoria Hislop
Éditeur : Les Escales
Collection : -
Parution : 10 mai 2012
Pages : 431

samedi 14 avril 2018

Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles


Jane Rosenal a des amies, des amants, une grand-mère qui répète «C'était mieux avant» et une tante romancière ne se refusant aucune extravagance. Parfois, un homme surgit et Jane croit entrevoir l'amour. L'instant d'après, elle ne sait plus.

Véritable guide de survie en milieu urbain, ce roman évoque l'éternelle quête du bonheur. Dès sa parution, à l'aube des années 2000, Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles a connu un succès international, devenant le livre emblématique d'une génération.


Mon avis

Pris complètement par hasard à Emmaüs, ce livre au titre à rallonge et à la photo de la couverture prise sur le vif m’attirait énormément. J’ai profité de mes vacances pour découvrir la vie de Jane, le personnage principal.

Pas d’étincelle entre le texte et moi. Et c’est vraiment dommage. J’avais envie d’aimer ce livre. Je voulais lire quelque chose de drôle et de terrible à la fois. Et pourtant, j’ai souri plus d’une fois durant ma lecture. Mais l’autrice nous en donne trop peu pour que je m’accroche réellement. Le roman est rythmé par des fragments de la vie de Jane, de ses 14 ans jusqu’à sa trentaine. Le fait qu’il soit ainsi découpé ne l’avantage pas. Ce sont de longs morceaux de vie, qui n’aboutissent à rien. Si j’ai été touchée par le chapitre où elle nous parle de sa situation en employant le « vous », j’ai été totalement larguée dans le chapitre du point de vue de la voisine de sa tante, qu’on ne rencontre à aucun moment (sauf dans ce chapitre) et qui n’apporte rien à la vie de Jane. Je me demandais « pourquoi choisir ce point de vue de narration ? ».
Le dynamisme en prend donc un coup, et la lecture n’est pas particulièrement plaisante. Les chapitres sont sympathiques, mais peu de choses les relient entre eux. Ce qui nous donne un patchwork de la vie de Jane, sans qu’on puisse vraiment y entrer et s’attacher à tout ce qui l’entoure.

Jane est une adolescente avec de la répartie. À 14 ans, elle est très proche de son frère, qui en a 20. Les petites amies de ce dernier défilent, et la jeune fille n’hésite pas à souvent leur faire du rentre-dedans quand elle les rencontre. En grandissant, elle va garder ce tempérament et rarement avoir peur de dire ce qu’elle pense. Quand elle voit qu’on se joue d’elle, elle entre volontairement dans la partie et souvent, en change les règles. Avec tous ces points positifs, je garde un excellent souvenir de Jane, mais je suis restée de marbre face à l’histoire.

Certains personnages sont à peine décrits, comme si l’autrice ne leur donnait volontairement pas plus de corps pour souligner leur fugacité dans la vie de Jane. Les lieux sont importants aussi. Que ce soit la maison de vacances, celle de son enfance et celle de ses 25 ans. Son séjour à Paris. L’appartement de son conjoint. L’appartement de sa tante. Chacun signe un tournant dans sa vie.

Si le livre ne m’a pas marquée, je regarderai avec plaisir l’adaptation avec Sarah Michelle Gellar Une fille à la page.


Autrice : Melissa Bank
Éditeur : Rivages
Collection : Bibliothèque étrangère
Parution : 6 janvier 1999
Pages : 244

mercredi 11 avril 2018

Le temps des miracles


Lorsque les douaniers m'ont trouvé, tapi au fond d'un camion à la frontière française, j'avais douze ans et j'étais seul. Je n'arrêtais pas de répéter : « jemapèlblèzfortunéjesuicitqyendelarépubliquedefrance célapurvérité ».

Je ne savais pas que mon passeport était trafiqué, et en dehors de ces quelques mots, je ne parlais que le russe. Je ne pouvais pas expliquer comment j'étais venu du Caucase jusqu'ici, dans le pays des droits de l'homme et de Charles Baudelaire.

Surtout, j'avais perdu Gloria. Gloria Bohème, qui s'était occupée de moi depuis que ma mère avait disparu. Avec elle, j'avais vécu libre, malgré la guerre, malgré les frontières, malgré la misère et la peur. Elle me manquait terriblement, mais j'ai toujours gardé l'espoir de retrouver cette femme au coeur immense, qui avait le don d'enchanter ma vie.


Mon avis

Lu en lecture commune avec Reikuranpanda, Le temps des miracles fait partie des romans d’Anne-Laure Bondoux qui manquaient à ma bibliothèque. L’autrice va nous parler de la fuite, de la migration, mais aussi de la guerre et du terrorisme. Le combat d’une femme pour sauver un enfant. Et le combat d’un enfant pour vivre.

C’est l’histoire d’un jeune garçon appelé Koumaïl dans le Caucase, et Blaise, sur son passeport français. Il vit avec Gloria, une femme qui l’a recueilli alors qu’il n’était qu’un bébé. Koumaïl est en fait le fils de Jeanne Fortune, une Française victime d’un attentat terroriste dans un train. Son fils Blaise a survécu, et depuis ce jour, Gloria met tout en œuvre pour ramener le petit garçon dans son pays d’origine.

Malgré les difficultés de la vie, Koumaïl est un enfant courageux et téméraire. Son innocence permet à Gloria de lui faire faire beaucoup de choses, pour qu’ils s’en sortent. Elle lui raconte quantité d’histoires, qui semblent toutes plus réalistes les unes que les autres, et qui doivent déboucher sur l’arrivée de Koumaïl en France. L’autrice invoque la violence de la guerre, et la montre sans prendre de pincettes avec ses lecteurs. C’est un point très positif avec Anne-Laure Bondoux, c’est qu’elle reste franche, qu’importe l’âge de ses personnages. La guerre, c’est la guerre, et ce n’est pas moins violent pour des enfants. Voilà la dure réalité. Koumaïl va devoir se battre dans tous les sens du terme, pour avancer et tenter de connaître un monde meilleur.
Gloria, sa compagne depuis toujours, est un personnage qui m’a incroyablement touchée. Tout ce qu’elle met en œuvre pour sauver la vie de cet enfant est remarquable. Sa propre vie passe au second plan, son but est que l’enfant aille bien. Pour ça, elle n’hésitera pas à tout sacrifier. Son tempérament à toute épreuve ne peut que forcer notre admiration.

C’est un texte rude, dans une atmosphère pesante et poussiéreuse. Les personnages avancent comme ils peuvent, souvent ballottés dans des camions remplis de passagers clandestins. La nourriture manque souvent, tout comme l’argent. Personne ne sait de quoi sera fait demain. On ressent toute la peur de devoir fuir à tout moment, en emportant uniquement le nécessaire. Ne pas avoir d’endroit à soi, devoir toujours s’enfuir et partir. Ne jamais être accepté nulle part, et ne jamais être en paix. L’autrice sait mettre toutes ces sensations en évidence, et nous dépeint le quotidien de milliers de personnes dans le monde, à travers une fiction.

Une lecture forte, qui ne laisse pas indemne. Que ce soit par ses personnages, son sujet ou encore sa révélation.

Autrice : Anne-Laure Bondoux
Éditeur : Bayard Jeunesse
Collection : Millézime
Parution : 8 janvier 2009
Pages : 254

dimanche 8 avril 2018

Vers le zéro déchet, toujours en 2018


Il y a eu moins d’articles Zéro déchet ces derniers mois. J’ai continué à utiliser et mettre en pratique ce que je vous résumais dans ceux écrit l’été dernier. À la fin de chacun d’eux, je soulignais ce que je voulais faire en plus, dans ces domaines : cuisine, salle de bain et divers. Voici donc mes petits pas en avant de ces derniers mois.

Les produits frais

C’était mon challenge. Oser prendre mes récipients et demander à ce qu’on mette les produits frais dedans. Quand je prends moi-même des choses, je suis plus courageuse. Je n’ai pas besoin d’adresser la parole à qui que ce soit, j’ouvre mes sacs ou mes bacs et je prends ce dont j’ai besoin. Premier pas chez le boucher, qui aura fini par me donner du courage en affichant sur une pancarte qu’il était pour le zéro déchet. C’est donc beaucoup plus sereine que je suis arrivée avec mon récipient.
Le deuxième pas a été fait ces dernières semaines, à la laiterie. En tendant mon bac pour y mettre mes fromages, tous ensembles. Les sourires que j’ai eu en retour m’ont encouragée.

La lessive

J’attendais de terminer notre chimique en poudre avant de changer. Zéro déchet oui, mais pas de gaspillage. On finit avant de passer à autre chose. Je ne me suis pas longtemps posé la question, le magasin en vrac de la ville en propose de la liquide, avec une compo plutôt clean. Je suis arrivée avec mes vieilles bouteilles d’adoucissant chimique, et j’avais ma lessive. Un bouchon par machine suffit amplement. Et elle rend les vêtements beaucoup plus doux que l’industrielle. Gagnant, même dans le porte-monnaie. Et pour l’adoucissant, celui du magasin en vrac est top, ou alors du vinaigre fait parfaitement l’affaire. J’aime bien jouer à la petite chimiste, mais pas pour tout. Et la lessive ne fait pas encore partie de ces choses que j’ai envie de faire moi-même.

Bébé

Aucune astuce pour un bébé zéro déchet ici. C’est une question qui revenait souvent, et je préfère le mettre noir sur blanc quelque part. Depuis que je vous parle de ce mode de vie, beaucoup me demandent comment on fait avec notre fille pour éviter les déchets la concernant. Si j’ai décidé d’éviter la question, je ne suis pas fermée à la discussion. J’en parle volontiers, mais en privé. Vous parler de mes changements et mon mode de vie vers le zéro déchet ne me pose aucun souci. Par contre, je ne souhaite pas donner mon avis et conseils sur le zéro déchet de bébé. Les critiques ou remarques qu’il pourrait y avoir à ce sujet ne me plairont pas, et je ne souhaite pas en recevoir.
Par contre, mes messages privés (sur Instagram ou Twitter) ou mon adresse mail sont ouverts, et j’échangerais volontiers sur le sujet pour les intéressé(e)s.

En une année, les changements n’ont pas été drastiques, mais importants. Et ma poubelle s’en ressent, malgré le fait que je vive avec quelqu’un qui n’est pas encore très intéressé par ce mode de vie. Si je peux réduire ma poubelle d’un quart de son volume, c’est toujours ça. Certains gestes au début un peu contraignants sont devenus des habitudes. C’est pourquoi je vous encourage, si le zéro déchet vous intéresse, à y aller à votre rythme, encore une fois. On ne passe pas de déchets à zéro déchet en une nuit. Mais on peut aller vers moins de déchets chaque jour.




jeudi 5 avril 2018

Val-Jalbert, tome 3 : Les soupirs du vent


Décembre 1939, Québec. Bouleversée par la perte de son dernier-né, Hermine s'est retirée auprès de son mari, Toshan, dans la cabane qu'il a construite, isolée en pleine nature. Quand Toshan s'engage dans l'armée canadienne pour libérer l'Europe du joug nazi, Hermine retourne avec ses enfants auprès de ses parents à Val-Jalbert, le village de son enfance situé sur les bords du Iac Saint-Jean.

Elle y sera confrontée aux non-dits qui hantent sa propre famille mais aussi au passé secret de sa belle-mère, qui ressurgira en menaçant la vie des siens. Seule pourra la préserver du danger sa demi-soeur métisse, Kiona, fillette aux pouvoirs surnaturels...


Mon avis

Peut contenir des spoils concernant L’orpheline des neiges et Le rossignol de Val-Jalbert.

Bien que plus gros, et plus long dans l’action, ce troisième volet des aventures des personnages de Val-Jalbert m’a beaucoup plus touchée et émue. J’ai trouvé les enjeux et les thématiques à la fois forts et sensibles.

Le début fut un peu ennuyeux, comme j’ai lu le deuxième tome il y a quelques semaines. Marie-Bernadette Dupuy prend une centaine de pages pour rappeler aux lecteurs ce qu’il s’est passé dans le tome précédent, tout en faisant avancer son histoire. Parfait quand on tarde trop entre les tomes. Bof quand on a (pour une fois !) été rapide dans notre lecture.

Hermine et ses proches vont vivre les débuts de la guerre. Toshan, son mari, décide de se porter volontaire dans l’armée, ne supportant pas qu’on opprime un peuple, comme les blancs ont pu opprimer les Indiens chez eux. C’est bien sûr un coup dur pour Hermine, qui doit en plus se remettre de la mort de son dernier-né, Victor, qui n’a pas survécu plus de deux semaines. Ajoutez à cela une vengeance vieille de plusieurs années, qui met toute la famille en danger.

Comparé au tome 2, j’ai trouvé le personnage d’Hermine beaucoup plus noble ici. Elle est démunie et abattue face à la mort de son fils. On peut imaginer qu’elle ne s’en relèvera pas, et pourtant elle décide de changer d’approche. Relever la tête, et ne pas craquer. Car des enfants, elle en a d’autres, des bien vivants, qui ont besoin d’elle. Malgré les épreuves, elle fait preuve de courage et saura montrer l’exemple et traverser les nombreuses tempêtes qui l’attendent. Elle m’a énormément plu dans cette nouvelle partie de sa vie. Alors qu’elle était pleine de doutes avant, elle a maintenant su faire les choix qui lui convenaient à elle, et ses proches.
Toshan a énormément évolué aussi. Beaucoup trop protecteur et dominant, il a su accepter la vie de sa femme. Je trouve leur couple très touchant ici. Empli d’amour et tous les aspects que cela comporte. Un couple ce n’est pas juste s’aimer, et Hermine et Toshan nous le prouvent plus d’une fois. L’amour possède quantité de nuances, et elles sont très justement montrées ici.
Contente que Laura soit plus effacée. C’est un personnage qui me court sur le haricot, avec ses crises de jalousies et de colère. Son bien-être passait toujours avant tout, et selon les situations, je trouvais ce comportement abusif.

Deux personnages récurrents depuis le premier tome prennent de l’ampleur ici. Charlotte et Simon ont toujours fait partie du décor, et chacun possède ses ambitions. Charlotte était une petite fille très sensible et touchante. Elle est maintenant jeune femme, et prend de l’assurance. Son comportement va parfois lui attirer les foudres de tout le monde. Bien sûr, quand on se compare à la grande Hermine Delbeau, chanteuse et mère courage, difficile de lui arriver à la cheville. C’est ce qui va faire défaut à Charlotte. Tout le monde a l’habitude de la voir dans les jupes d’Hermine, alors quand elle décide de prendre sa vie en main, parfois un peu maladroitement, les esprits s’échauffent.
Simon est le frère de cœur d’Hermine. Cette dernière a été élevée par les Marrois, les parents de Simon. Plus d’une fois, elle va être intriguée par son comportement et ses secrets. C’est un personnage qui était souvent trop secondaire, et j’ai beaucoup aimé la direction que lui donne l’autrice.

Par contre, tous les personnages ont tendance à très mal garder les secrets. Ce qui m’a fait rire plus d’une fois. Chacun promet de ne rien dire, et tous finissent par vendre la mèche. Qu’importe le secret, il est toujours trop lourd à porter. C’était parfois digne d’un épisode des Feux de l’amour.

Conclusion, de belles thématiques sont abordées. Des sujets qui, inscrits dans cette époque, prennent une tout autre dimension. Il a beau être plus long, il est beaucoup plus agréable à lire.


Autrice : Marie-Bernadette Dupuy
Éditeur : Le livre de poche
Collection : Le livre de poche
Parution : 9 septembre 2015
Pages : 1016

lundi 2 avril 2018

Amitié et maternité


Quand je suis tombée enceinte, j’ai vécu ma grossesse pour moi. Pour nous. Je ne ressentais pas ce besoin de partager sur mes différentes sensations et symptômes. Bien sûr, petit à petit je suis tombée dans la spirale du monde des parents. On a cherché la signification de Maxi Cosi, et établi une liste de naissance tout en ne sachant pas ce qui sera vraiment utile ou non. Internet est formidable, mais te donne de tout et son contraire.

Aujourd’hui, notre fille a plus d’une année et grandit bien. Mais je reste très externe à ces groupes de mamans, qui échangent sur plein de choses concernant leurs enfants. Je suis entrée, puis ressortie des groupes sur Facebook, qui sont là pour échanger des avis, répondre à des questions. Alors qu’on prêche la bienveillance aux enfants, je trouvais que les parents en manquaient cruellement quand ils se parlaient entre eux de leurs progénitures.
Je n’ai pas besoin qu’on vienne me dire ce qui est bon ou mauvais pour ma fille. Je le sens. Et ça me suffit. Tout comme je n’ai pas besoin d’apporter mon avis constamment aux autres. Même s’ils se posent des questions, comme nous, je suis sûre qu’ils le sentent aussi, ce qui est bon ou mauvais pour leur enfant. Le parent parfait n’existe pas. Mais cette pseudo concurrence qui existe entre eux est triste. Je suis une bonne mère car je fais confiance à ma fille, et qu’elle me rend cette confiance. Les sourires qu’elle me tend suffisent à me prouver que je ne fais pas d’erreur. Ou que des petites. Pas graves.

Ma maternité ne m’a pas apporté d’amies-mamans comme je peux le voir pour beaucoup. Mais ça me va. Cet article m’aurait certainement été très utile juste après la naissance. Car je culpabilisais de ne pas avoir créé de liens avec des « novembrettes » (est-ce vraiment le nom des mamans qui ont accouché en novembre ? à vérifier). Pas que je me sentais seule, car je ne l’étais pas. Mais je voyais ces amitiés fleurir, ces amitiés de maternité, d’échanges entre mamans, dont je me sentais presque exclue. Comme la dernière qu’on choisit en sport. J’ai gardé ce léger vide pour moi. À me dire qu’il passerait. Et c’est ce qu’il a fait.

Je suis très heureuse pour ces mamans qui ont trouvé de nouvelles amies grâce à leurs enfants, ou à leur maternité. De mon côté, je n’en ressens plus aucune culpabilité. J’ai mes amies d’avant. Celles qui ne sont pas mamans, et celles qui le sont déjà. Finalement, rien n’a changé, et je crois que ça me plaît.




jeudi 29 mars 2018

Ce n'est pas toi que j'attendais


C'est l'histoire d'une rencontre. La rencontre d'un père et de sa petite fille pas comme les autres. Pour Fabien, l'annonce de la trisomie de Julia, c'est le monde qui s'écroule. Comment faire face au handicap de son enfant ? Comment apprendre à l'aimer ? Entre colère, doute, moments de tristesse et bonheurs inattendus, l'auteur raconte le difficile chemin d'acceptation qui le mènera vers sa fille. Une histoire d'amour, à la fois touchante et drôle, tendre et sincère, sur le thème universel de la différence.


Mon avis

Habituellement, pour mes avis bande dessinée, je regroupe quelques chroniques en un article. Mais celle-ci peut limite aller avec un article tranche de vie. Le sujet qu’aborde ici l’auteur, Fabien Toulmé, ne m’a pas juste touchée, il m’a percutée.

Fabien nous raconte dans ce roman graphique sa tranche de vie, le moment où il apprend qu’il va être papa pour la deuxième fois. Ne tenant jamais très longtemps à une place, la famille établie au Brésil décide de venir se réinstaller en France, le pays de Fabien. Les dossiers médicaux vont voyager avec eux, et avec la précipitation et les différences entre les deux pays, quelques examens vont être faits rapidement. Les médecins français ne sont pas inquiets, tout se passe très bien pour la maman et le bébé.

La naissance ne va pas très bien se passer. Une césarienne est inévitable et la petite Julia doit passer ses premiers jours en couveuse. Fabien est impatient de rencontrer sa fille, mais en la voyant, il doute. Est-elle vraiment normale ? Va-t-elle bien ? Quelque chose cloche non ? Selon les sages-femmes et les médecins, non, tout va pour le mieux. Sauf que quelques jours plus tard, le couperet tombe, Julia est atteinte de trisomie 21.

Si nous avons très peu le point de vue de la maman face à cette annonce, Fabien, lui, est très bavard. Cette BD, on le sent, c’est son témoignage, à lui. Il est en colère, contre les médecins, contre lui-même aussi. Des idées horribles lui traversent l’esprit. Julia pourrait ne pas s’en sortir et ils pourraient tout recommencer, faire comme si rien ne s’était passé. Il se dégoûte d’avoir ce genre de pensées, et en souffre beaucoup. Souffre aussi des témoignages d’autres parents. A peur. De ne pas l’aimer, de ne pas y arriver, de ne jamais pouvoir la considérer comme sa fille.

Sans tourner autour du pot et sans vouloir enjoliver une situation angoissante, Fabien Toulmé nous émeut grâce à sa sincérité. Les mots sont durs et peuvent choquer. On aurait tendance à prendre des pincettes pour parler de ce sujet, d’hésiter sur certains mots, ne pas oser les employer. Ce texte m’a touchée par son réalisme. Quand on attend un enfant, on y pense forcément à un moment ou à un autre. Que faire si on nous annonce que notre bébé n’est pas comme celui qu’on attend ? Doit-on s’en vouloir ? Est-ce égoïste ? Je pense que ce genre de témoignages peut faire déculpabiliser beaucoup de parents.

C’est pour moi une très belle découverte, sur un sujet qui me touche, et qui m’a beaucoup fait réfléchir durant ma grossesse.


Auteur : Fabien Toulmé
Éditeur : Delcourt
Collection : Encrages
Parution : 8 octobre 2014
Pages : 243

lundi 26 mars 2018

La mère des eaux


Avertissement (TW) : Des scènes de fausses-couches dès le premier chapitre. Personnes sensibles à ce sujet, vous êtes prévenues.

Après avoir subi une nouvelle fausse couche et appris qu'elle ne porterait plus jamais d'enfant, Emily est dévastée. Christopher, son mari, ne sait comment la consoler. C'est alors qu'ils sont appelés dans une communauté en Louisiane, au chevet de la mère d'Emily, que cette dernière n'a jamais rencontrée.
Mais rien ne va se passer comme ils l'imaginaient. Pour Christopher, la sollicitude des habitants devient vite pesante, et les relations du couple commencent à se distendre...
Que cache cette communauté coupée du reste du monde ? Pourquoi ses habitants ont-ils décidé de vivre reclus ? Et, surtout, que signifient ces rêves étranges qui troublent le sommeil d'Emily ?


Mon avis

Après avoir eu un  coup de cœur surprise pour Les enfants de Peakwood l’an dernier, quand Scrineo m’a proposé le nouveau roman de Rod Marty en service presse, je n’ai pas hésité longtemps. Encore une fois, je suis agréablement surprise par la facilité avec laquelle l’auteur arrive à nous rendre accro à son histoire. Les pages se tournent à une vitesse folle, et en deux jours il était terminé.

Bien sûr, il y aura une légère comparaison avec son précédent roman, je fonctionne comme ça pour tous les auteurs dont je lis plusieurs livres, au genre similaire.
Le rythme est donc encore une fois très bien soutenu. La tension monte petit à petit, et on sent le piège se refermer sur les protagonistes. Les indices de l’intrigue se mettent en place au bon moment, et arrivent à nous donner des parcelles de réponses au fur et à mesure.

Emily se remet péniblement de sa troisième fausse-couche. Quand on lui annonce qu’elle hérite de la maison de sa grand-mère dans une petite ville en Louisiane, le tout accompagné d’une petite somme d’argent, elle fonce sur cette occasion de mieux connaître ses origines pour se changer les idées. Son mari, moins emballé par l’aventure, va la suivre, mais lui aussi essaie vainement de se remettre de quelque chose…

Emily est un personnage touchant, de par son vécu. Que ce soient ses angoisses liées à ses fausses-couches, la crainte d’être stérile et de ne jamais porter son enfant ou encore de soudainement trouver ses racines, elle qui a été adoptée. Quand on creuse un peu, c’est aussi un personnage égoïste, mais ne le sommes-nous pas tous un peu ? Sans toujours s’inquiéter du ressenti de Chris, son mari, elle va prendre certaines décisions, qui vont fortement impacter la suite de leurs vies. Comme le fait de tenter le tout pour tout et participer à une cérémonie en l’honneur d’une déesse qui pourrait la faire tomber enceinte. Attention, j’entre dans un sujet difficile, que serions-nous prêts à faire pour enfin avoir l’enfant dont on rêve depuis toujours ? Sans entrer dans le personnel, je sais ce que c’est que l’attente. Se relever de plusieurs fausses-couches, c’est encore une épreuve supplémentaire. Une femme qui désire plus que tout porter la vie est certainement prête à beaucoup de choses. Même d’essayer des choses auxquelles elle ne croit pas. La façon dont est amenée la cérémonie est pour moi un peu grosse, et manque de sérieux. Même prête à tout, je me demande si je l’aurais fait en secret, sans en parler à mon conjoint. Les deux sont concernés, mais Emily prend toutes les décisions.
Chris a ses défauts, lui aussi. Et je pense que c’est ce qui fait qu’Emily agit ainsi. Elle est plus attirée par le fait de devenir mère, et avoir son enfant, que le fait que Chris soit là en tant que père. Les réflexions d’Emily à ce sujet sont d’ailleurs souvent contradictoires.
Chris est pour moi le personnage terre à terre. Il ne souhaite qu’une chose, vendre cette maison et retourner à San Francisco. Je ne peux pas l’en blâmer. La petite ville de Lamarre donne des frissons et je serais la première à vouloir en repartir. Il comprend que quelque chose ne tourne pas rond, et on va lui mettre des bâtons dans les roues, pour éviter qu’ils repartent.

L’intrigue change de son précédent roman, mais ce qui reste similaire est clairement l’ambiance. Une atmosphère pesante et suffocante, accentuée par la chaleur de la Louisiane. On sent que c’est mauvais, qu’il faut partir, mais les personnages sont embourbés dans cette histoire, et ne peuvent pas en partir. Comme une mouche dans une toile d’araignée.
Encore une fois, un roman qui secoue, et qui fait accélérer notre rythme cardiaque. Bravo !


Auteur : Rod Marty
Éditeur : Scrinéo
Collection : -
Parution : 4 mai 2017
Pages : 374

vendredi 23 mars 2018

Neshov, tome 3 : L'héritage impossible


Suite au terrible secret révélé au clan des Neshov, la fratrie se disloque dans de pesants non-dits. Jusqu'au jour, funeste, où ils doivent faire face, ensemble. Dans une chaleur suffocante, Torunn, héritière malgré elle de la ferme familiale et des guerres silencieuses du passé, dénouera leurs destins - traçant une vie nouvelle.


Mon avis

Peut contenir des spoils concernant Laterre des mensonges et La ferme des Neshov.

Me suis-je précipitée sur le troisième tome, dès la fin du deuxième ? Tout à fait ! Il me semble même que c’est la première fois que ça m’arrive. J’ai toujours ce besoin de créer une coupure dans un univers qui se suit sur plusieurs volumes. C’est un réflexe. Là, je n’avais qu’une envie, continuer à suivre ces personnages. Je ne pouvais pas les laisser sur cette demi-scène. Imaginer les lecteurs qui ont dû attendre que la suite soit écrite m’a déjà fait assez de peine comme ça.

Torunn est sur le seuil de la porcherie. Et le pire est bien sûr arrivé. Car il arrive toujours. Mais que faire maintenant ? Les porcs ne comprennent pas, on doit s’occuper d’eux de toute urgence. Et le reste du monde continue de tourner. Cette femme qui se croyait seule avec sa mère en plein divorce, s’était soudainement attachée à cette partie de sa famille, inconnue. Et voilà que du jour au lendemain, alors que le poids était déjà considérable depuis quelques semaines, tout repose sur ses épaules. Vraiment tout. Cette femme va se laisser ensevelir sous les responsabilités. Jusqu’à l’épuisement. Les différents paliers de vie qu’elle va traverser sont très intéressants à observer. Ses réactions peuvent paraître vides au départ, elle agit par automatisme en attendant que tout se règle un jour ou l’autre, sans qu’elle ait besoin d’en faire plus. Mais bien sûr, rien ne se produit et elle s’enlise dans une routine fade.
Margido prend encore un peu plus d’ampleur ici, alors qu’il était très discret au début. Pourtant, il est le personnage le plus linéaire de la série pour l’instant. Il évolue avec beaucoup de lenteur et de réalisme.
Erlend continue sa descente, pour remonter en flèche vers la fin. Sa condition et les changements dans sa vie lui imposent d’évoluer. Sa future paternité lui monte à la tête, et rien d’autre n’occupe son esprit. Plus rien ne passe avant ses projets. Il ne se rend pas compte que certains détails pour lui sont des montagnes insurmontables pour les autres.

J’ai trouvé ce tome très intéressant. On y voit différentes évolutions de la dépression et de la charge mentale qui s’accumule, et les façons dont les gens y réagissent. Il aurait fait une très bonne fin. Je suis tout de même heureuse de savoir qu’un quatrième volet existe, et que je vais pouvoir revoir ces personnages, et savoir ce qu’ils sont devenus.


Autrice : Anne B. Ragde
Editeur : 10X18
Collection : Domaine étranger
Parution : 19 janvier 2012
Pages : 332

mardi 20 mars 2018

Neshov, tome 2 : La ferme des Neshov


Après l'enterrement de leur mère, les frères Neshov pensaient reprendre le cours de leur vie. Mais tout a changé : Erlend est confronté au désir d'enfant de son compagnon, Margido à sa solitude et Tor, l'aîné, vit mal son quotidien à la ferme, auprès du «père»... À leur insu, le drame couve et, pour chacun d'eux, l'heure des choix a sonné.


Mon avis

Peut contenir des spoils concernant La terre des mensonges.

Idéal pour un Cold Winter challenge, la saga des Neshov d’Anne B. Ragde est glaciale et secrète. J’avais beaucoup aimé le premier tome, lu l’an dernier. Je ne voulais pas trop attendre avant de me lancer dans la suite. Une année de battement, pour moi, c’est tout à fait honorable.

La dernière, et première, réunion de famille des Neshov s’était terminée en apothéose ! Après cette révélation, on pouvait attendre beaucoup de la suite. Surtout d’un tome deux, qui est souvent le moins bon de tous, dans les séries/trilogies que j’ai pu lire. Ici, l’autrice se renouvelle et fouille un peu plus ses personnages. La vie essaie de reprendre son cours, presque trop rapidement, et les liens qui s’étaient créés à la ferme se dissolvent rapidement. Toujours aussi piquante, la plume de l’autrice croque tout ce joyeux petit monde, autant dans leurs bons que leurs mauvais moments.

Torunn essaie de reprendre sa routine quotidienne, à la clinique où elle est éducatrice canine. Mais la découverte de tout un pan de sa famille, inconnu jusqu’à il y a encore quelques jours, la marque fortement. La voilà précipitamment impliquée dans ces vies, alors qu’elle doit garder la sienne à flot. Elle va tomber amoureuse, et va être tiraillée entre ses envies et celles de sa famille. C’est un personnage, qui encore une fois, aura su me passionner.
Erlend devient de pire en pire. Alors qu’il faisait partie de mes personnages favoris, il baisse énormément dans mon estime. Toujours très matérialiste, au-dessus des autres, même snob, il n’aura plus su me charmer. Si dans le premier tome je le trouvais drôle, ici, il est devenu insupportable. Pourtant, au fond, il a de belles valeurs. C’est un personnage très fidèle, et qui sait ouvrir son esprit sur certaines choses, alors qu’il est totalement fermé et aveuglé pour d’autres.
Les personnages de la ferme sont toujours les mêmes personnages de la ferme. On sent un léger changement, dans leurs réflexions, suite à la révélation de la fin du précédent tome. Mais rien de flagrant. Ils essaient de garder ça pour eux, de faire comme si ça n’impactait pas leurs vies. Tor doit continuer à s’occuper des porcs, Margido de ses cercueils et le père… de sa télé.

Pourtant, un événement va venir tout bouleverser. Encore un. L’autrice arrive toujours à trouver quelque chose de nouveau. Et suite à ça, tout va aller très vite. Les mauvais moments vont s’enchaîner et prendre des proportions énormes !
L’ambiance froidement triste est moins présente. On découvre les univers de Torrun et Erlend, et chacun va nous faire voir un peu du pays. Ça change, et j’ai aimé ce changement.

Et la fin. Encore une fois, décapante !
J’étais tellement abasourdie par cette fin, que j’ai attaqué le troisième tome dans la foulée.


Autrice : Anne B. Ragde
Éditeur : 10X18
Collection : Domaine étranger
Parution : 1er septembre 2011
Pages : 349

vendredi 2 mars 2018

Expérience : Le défi des 100 jours

Au début de l’été, j’ai été contactée pour recevoir le nouveau cahier de Lilou Macé : Le défi des 100 jours pour changer d’alimentation. Curieuse de tester ce format de challenge, j’ai accepté.

Tout est expliqué au début du guide, mais en gros un défi sur 100 jours permet de créer de nouvelles habitudes, là en l'occurrence des habitudes alimentaires. On le commence à la date qu’on veut, il est par contre précisé de le commencer idéalement un dimanche. Pleine d’ambition, j’ai commencé à le feuilleter, à préparer les premières pages, et à suivre les indications. Rien ne me paraissait difficile, tout est faisable. Chacun inscrit ses buts personnels, ce qu’il aimerait que ce défi lui apporte. Déjà là, j’ai commencé à sécher. Quels changements, quelles nouvelles habitudes alimentaires aimerais-je créer ? Pour trouver un peu d’inspiration, j’ai été m’inscrire sur le groupe Facebook du défi, malheureusement, j’en suis ressortie après quelques jours, trop de photos, trop de membres, je ne m’y sentais pas à l’aise. J’avais envie de le faire tranquillement dans mon coin. Je suis partie avec un principe simple : découvrir. Cuisiner des choses différentes, oser de nouvelles recettes, de nouveaux aliments.

Le jour J est arrivé! Et j’ai tenu… 5 jours. Malheureusement, ce format de défi ne me convient pas. Revenir quotidiennement sur ce gros cahier, prendre des notes et réaliser des défis alors que j’ai deux autres personnes qui mangent la même chose que moi tous les jours, ça ne collait pas.

J’ai été beaucoup plus charmée par les cartes, qu’on m’a également envoyées. Rien à voir avec le cahier d’alimentation, elles s’utilisent seules ou accompagnées d’un cahier de notre choix. Elles sont pensées pour être tirées chaque jour durant 100 jours. Mais ça, je le fais à ma sauce. Une carte quand j’en ai envie. Ensuite, je la garde toute la journée à portée de vue pour me souvenir de garder ce message très présent dans ma journée. Des jours j’ai envie de tirer une carte, un autre jour non. C’est finalement tellement personnel.

Je pense aussi qu’un programme sur 100 jours m’a un peu impressionnée, voire effrayée. Revenir durant 100 jours sur ce carnet ne me venait pas naturellement. Mais sans ça, j’ai tout de même réussi mon challenge, finalement, vu que j’ai atteint le but fixé : découvrir. C’est le plus important finalement.


mardi 27 février 2018

L'hiver aux trousses

Cédric Gras a parcouru l'Extrême-Orient russe en accompagnant l'automne à pied, à bord de camions, de canots de chasseurs ou d'un remorqueur. Des contrées polaires à la mer du Japon, la « chasse aux feuilles rouges » d'un long été indien a guidé ses pas, à travers cette Russie méconnue du Pacifique.

Mon avis

Pour mon Cold Winter, je voulais absolument lire de la littérature de voyage. Ça faisait aussi partie des menus, j’ai donc choisi L’hiver aux trousses de Cédric Gras, qui part vers la Russie d’Extrême-Orient, pour voyager en compagnie de l’automne, alors que l’hiver n’est pas loin derrière.

La littérature de voyage permet de découvrir le monde. Et quand on n’a pas forcément les moyens de voyager, visiter d’autres pays grâce à un livre de poche, c’est tout de même avantageux. Je me suis toujours passionnée pour les régions froides du monde. Et pourtant, j’ai toujours été assez peu curieuse de la Russie. Cédric Gras m’aura permis d’entrevoir cette partie du monde, que je connais mal. Ai-je envie d’en savoir plus maintenant ? Pas forcément, mais j’y aurai au moins jeté un œil.

Je ne suis pas une lectrice à citations. Quand je lis un livre, je n’en retiens pas forcément des phrases précises, mais le message général. Marquer des passages ne me vient pas naturellement. Pourtant là, les premières pages sont pleines de petits symboles au crayon à papier, des mots qui m’ont percutée, sur une saison que j’idolâtre.

Passé le moment de l’idée de ce voyage, et arrivée au voyage en tant que tel, j’ai malheureusement été un poil déçue. Je m’attendais à de la marche. Des paysages décrits dans leurs moindres détails. L’auteur a plus mis en avant ses rencontres, les moyens de transport et les villes où il s’est arrêté. Les paysages sont présents, mais un peu lointains. Il a pourtant réussi à soulever quelque chose qui m’a beaucoup touchée, et interpellée : la fuite des jeunes vers des endroits plus peuplés. Les villes que l’auteur traverse sont de plus en plus désertes. Les gens partent. Et on découvre des lieux si reculés, qu’ils sont pratiquement oubliés de leur propre pays. Ils sont comme coupés du monde.

Un texte fort en prise de conscience sur des endroits qu'on connait parfois mal. Mais pauvre en paysages. 


Auteur : Cédric Gras
Éditeur : Gallimard
Collection : Folio
Parution : 10 mars 2016

Pages : 266

samedi 24 février 2018

Val-Jalbert, tome 2 : Le rossignol de Val-Jalbert

Noël 1932, près du Iac Saint-Jean, au coeur de la forêt québécoise. Hermine, dont on a fait la connaissance dans L'Orpheline des neiges, coule des jours heureux avec Toshan, son mari métis, et Mukki, leur enfant, un bébé de deux mois. Élevée comme une orpheline par des religieuses, celle que les habitants de Val-Jalbert surnomment le «rossignol des neiges», en raison de sa voix exceptionnelle, a renoncé à sa passion pour le chant. Elle s'est résolue à devenir une épouse et une mère de famille fidèle aux traditions québécoises. Mais peut-on empêcher un rossignol de chanter ? En cédant à l'appel de sa vocation, Hermine va réveiller les fantômes du passé...
Une magnifique saga, tumultueuse et romantique, autour d'une jeune femme déchirée entre la promesse d'une brillante carrière et ses attachements familiaux.


Mon avis

Peut contenir des spoils concernant L’orpheline des neiges.

Quel plaisir d’avoir enfin lu la suite de Val-Jalbert. Retrouver Hermine, Toshan et les autres. J’avais très peur de ne plus avoir beaucoup de souvenirs du premier tome, et finalement tout est très rapidement revenu. Les personnages, mais aussi leurs évolutions. Marie-Bernadette Dupuy a su parsemer le début de cette suite avec suffisamment de rappels sur les événements du premier, pour ne pas perdre son lecteur.

Elle a osé utiliser plus de vocabulaire du Québec, ce qui malheureusement n’allait pas toujours avec le rythme du récit. Quand un auteur québécois utilise ses expressions pour écrire, ça passe tout seul, quand un auteur français utilise des expressions qu’il ne maîtrise pas, ça se ressent. Sans que cela soit gênant, ça cassait parfois la dynamique du roman.

Hermine est maintenant jeune maman, et a laissé ses rêves de scènes et de chant derrière elle. Enfin presque. Sa mère, Laura, désespère de voir sa fille gaspiller son talent, en chantonnant à la maison. Toshan, le mari d’Hermine, est lui bien content que sa femme ne parcoure pas le monde pour chanter. Une femme se doit d’être à la maison, pour son mari et ses enfants. Ce sujet va entraîner plusieurs disputes et mensonges dans le foyer d’Hermine. Elle est à la fois touchante et agaçante. Qui ne serait pas assailli de doutes à sa place ? Comment faire pour concilier ses deux vies ? Être mère et chanteuse, est-ce possible ? Elle hésite souvent et longtemps, ce qui la rend réaliste à mon sens, mais également un peu énervante. Je la sentais aussi tiraillée par son époque. Dans les années 30, on pense aux suffragettes, et à l’indépendance que défendent de plus en plus les femmes. Hermine est encore très hermétique à tout ça, et pense avec le cœur. Mais elle comprend vite qu’elle ne peut pas être au four et au moulin. Ni faire plaisir à tout le monde. Entre les rêves de sa mère et ceux de son mari, où sont les siens ?
Laura m’aura beaucoup plus agacée que sa fille. Heureusement, elle finit par se rappeler que tous les reproches qu’elle lui fait sont égoïstes. Hermine aura été orpheline durant de nombreuses années, alors que ses parents l’avaient abandonné sur les marches du couvent-école de Val-Jalbert. Pour son bien, au départ, mais ça reste un abandon. Laura l’oublie assez régulièrement, et veut combler cette absence beaucoup trop rapidement, en ne pensant pas à Hermine, mais au talent que sa fille gâche. C’est un personnage en dents de scie pour moi. Qui agit trop vite, et ne pense pas assez à la portée de ses paroles.
Tout comme Toshan, qui nous avait vendu l’image du mari idéal. Et pourtant, maintenant qu’il est père, l’homme change radicalement. Hermine est sa femme, elle doit donc rester à la maison, et le suivre, qu’importe où il décide de vivre. Ses réactions énervent bien sûr ! On a envie de lui dire que des choix de vie se font à deux. Mais son époque rappelle encore une fois que les hommes choisissaient (et choisissent encore parfois, souvent) pour toute la famille, sans consulter les membres qu’elle contient, avant.
Rajoutez à ça des personnages hauts en couleur, qui refont surface ou disparaissent. Des secrets de famille bien enfouis, pas trop d’accord de rester sous silence. Des moments de partages et d’amour uniques et beaux.

C’était encore une fois un plaisir de se perdre dans ces gros pavés. On s’y sent bien, prêt à vivre des aventures, des moments de la vie de tous les jours et d’oublier son quotidien en plongeant dans celui de cette famille plutôt originale.

Ce que j’aime avant tout dans cette série, ce sont les paysages et les endroits. La neige est très présente, et apporte cette touche de rêve. L’histoire avance, et l’avancée de la technologie aussi. On voit arriver le téléphone et les voitures. Pourtant, Val-Jalbert semble encore très protégé de tout ça et avance doucement dans ce XXe siècle.

Le troisième tome m’attend. Et je ne compte pas le faire trop tarder.


Autrice : Marie-Bernadette Dupuy
Éditeur : Le livre de poche
Collection : -
Parution : 10 septembre 2014
Pages : 853

mercredi 21 février 2018

Ce que vivent les hommes, tome 1 : Les Noëls blancs

«Du plus loin qu'il se souvenait, les Noëls, dans ce haut pays, avaient été blancs. La neige faisait son apparition dès le mois des morts, s'en allait, revenait, restaurait la beauté des montagnes en une nuit, rendait le monde neuf, comme ce matin, ce 1erjanvier du nouveau siècle, dont François attendait ingénument quelque chose d'extraordinaire qui allait changer sa vie.»

Au cœur des passions humaines, une flamboyante saga qui traverse le siècle.


Mon avis

Signol n’est plus un auteur à présenter pour certains. Auteur reconnu de littérature du terroir, il aime les histoires de familles, de campagne et de vie. Sa duologie sur Ce que vivent les hommes m’a tout de suite séduite. Suivre une même famille sur 100 ans, je trouvais ça original.

La famille Barthélemy n’est pas riche. Locataires d’un petit lopin de terre, les 5 membres de la famille peinent certains jours à manger à leur faim. François, l'aîné, attend un grand changement : le 1er janvier 1900. Le professeur leur a assuré que ce changement de siècle allait être spectaculaire, mais dehors, rien ne semble différent, la neige et les champs n’ont pas bougés. À ce moment-là, il ne se doute pas encore des épreuves que les siens vont devoir surmonter…

Ce premier tome couvre 40 ans de vie et d’histoire. Une première guerre mondiale très présente pour François et Matthieu Barthélemy, mais aussi pour Lucie Barthélemy, bonne dans une grande demeure à Paris. Les vies sont malmenées et brisées.
Signol est doué pour faire vivre ses personnages, j’ai aimé les suivre. Les découvrir enfants et les voir grandir. Le siècle avance, et eux avec. Les rêves changent et les amours apportent espoir ou tristesse.

Je me suis attachée à Lucie, c’est celle qui se détache le plus de ce trio. Elle doit surmonter des douleurs qui ne sont jamais faciles, que ce soit pour un être humain du 20e ou 21e siècle.

C’est avec plaisir que je lirai la suite, pour les voir grandir encore.


Auteur : Christian Signol
Éditeur : Albin Michel
Collection : -
Parution : 1er octobre 2000

Pages : 454
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