mercredi 21 juin 2017

Meurtres pour rédemption

Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grâce à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au coeur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption...

Mon avis

Il a traîné longtemps dans ma PAL, ce Karine Giébel, et pourtant, qu’est-ce qu’il me faisait envie ! Peu de déceptions avec cette autrice. J’attendais donc un moment un peu creux de mes lectures pour m’y mettre, persuadée qu’il se lirait tout seul. Mauvaise pioche, j’ai été assez déçue de ma lecture.

Marianne prend perpète, à peine 20 ans et la voilà derrière les barreaux jusqu’à sa mort. Pourtant, la liberté lui tend les bras, il lui faudra juste accepter un marché, remplir sa part du contrat, et quitter le pays. Facile quoi. Non, bon je plaisante. Pas facile du tout. Pourtant, quand on commence à comprendre la psychologie du personnage de Marianne, on se dit que peu de choses peuvent l’arrêter. Elle est le gros point fort de ce roman, un caractère bien trempé, avec beaucoup de nuances, de doutes et de questionnement sur sa condition. Marianne est humaine, même quand l’autrice nous en fait douter. Une machine à tuer, certes, mais avec quelques principes.

Karine Giébel m’avait habitué à mieux. Ce roman fait partie de ses premiers, donc je veux bien lui trouver des excuses, mais il y a eu bien trop de longueurs pour moi. La première partie se focalise sur le quotidien de Marianne, en prison. Un milieu très dur, et difficile de se rendre compte de la vie de tous les jours là bas, quand nous sommes ici, tranquillement posés dans notre canapé. En fait, j’étais tellement dans l’attente de l’action qui se déclenche, des premières pièces de puzzle qui allaient se mettre en place, que je ne savourais pas du tout le moment présent. Car clairement, la moitié du livre sert à nous présenter les personnages. À nous les faire apprécier, que ce soit les prisonnières ou les matons. À nous les faire détester aussi. À survivre avec Marianne. Elle tombe souvent. Se relève, fracassée, mais repart de plus belle. Ne se laisse jamais abattre. Et qu’est-ce que j’ai aimé cet état d’esprit ! Pourtant, on en vient à apprécier une dangereuse criminelle. Étrange sensation.
La seconde moitié est basée sur l’action. Le marché que va passer Marianne. Là encore, je cherchais le moindre indice. J’aime découvrir que toutes les histoires sont liées, que des personnages gentils sont en fait des méchants. Et plus j’avançais, moins mon attente était comblée. J’attendais la chute, qui ne venait pas. Qui n’est jamais venue. La psychologie est là, mais c’est tout. J’ai deviné beaucoup de choses avant qu’elles n’arrivent, jusqu’à la fin. Peu de surprises finalement, donc déception.

Heureusement que l’entêtement de Marianne, sa vivacité et son tempérament de feu nous font poursuivre notre lecture. Mais je l’ai traîné. J’avançais péniblement. Ne m’attachais à personne d’autre, à part peut-être Justine. Daniel, Franck et les autres sont assez transparents, malgré leur importance dans l’histoire. Malgré leur présence. Ils sont des personnages de transition. Ceux contre qui Marianne va s’écraser à chaque fois, ils se la renvoient comme une balle de flipper. Elle ne fait que se heurter et repartir. Le cœur et les sentiments vont entrer en jeu à un moment donné, forcément, c’est la base même de l’humain. Même pour une criminelle de la pire espèce.

Une longue lecture, pour un dénouement plutôt bateau. Et pourtant, on me l’avait survendu ! Me disant que c’était son meilleur. J’ai trouvé qu’elle avait fait tellement mieux par après. Des intrigues folles, avec des liens improbables et des fins atroces ! Ici c’est juste long, et lent. Bof pour un thriller qui est censé nous tenir en haleine.

Je ne m’avoue pas vaincue. Il me reste d’autres de ses romans à découvrir, peu, mais en tout cas un ou deux. Et j’espère me faire à nouveau surprendre, comme elle avait pu le faire avec Les morsures de l’ombre par exemple. Me faire frissonner comme avec Juste une ombre.

Autrice : Karine Giebel
Editeur : Fleuve Noir
Collection : -
Parution : 26 août 2010
Pages : 767 
EAN-13 : 9782265092051

lundi 19 juin 2017

Les petites reines

On les a élues « Boudins de l'année » sur Facebook.

Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes ». Hakima et Astrid, n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort !

Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris...
... pour s'incruster à l'Élysée !

Place aux Petites Reines !!!


Mon avis

Pause lecture après 300 pages des Larmes rouges, Les petites reines était la lecture choisie par Virginie pour mon moins de mai. Un pur régal que de suivre l’aventure de ces trois demoiselles. Clémentine Beauvais sait manier l’humour et les beaux messages.

Pourtant, elle s’attaquait à des sujets difficiles : le harcèlement scolaire, le diktat de la minceur, le non respect des autres envers notre physique, les différences culturelles, la recherche de sa place dans une famille et surtout s’accepter tel que l’on est. Soit tout un tas de choses pas évidentes, et sur lesquelles on peut vite se casser la gueule. Le faux-pas est vite arrivé, mais pour moi Clémentine Beauvais a su utiliser les bons mots et les bonnes images.
On notera surtout un humour de haut niveau de la part du personnage de Mireille, qui m’a fait beaucoup rire, et pourtant elle a tout de même réussi à m’arracher une petite larme vers la fin. Rien que pour ces jeux de mots, cette plume vive et pleine de peps !, je m’incline. Ce savant mélange apporte un rythme très dynamique au récit.

Astrid, Hakima et Mireille sont élues respectivement boudins d’or, d’argent et de bronze de leur école. Grâce à qui ? Malo, un petit caïd qui a trouvé très malin de se faire bien voir par tout le monde en créant ce concours sur Facebook. Alors que les deux premières lauréates sont dévastées, Mireille est une habituée. En se réconfortant, les trois jeunes filles vont se découvrir un point commun : le 14 juillet. Paris. L’Élysée. Comment relier Bourg-en-Bresse — Paris ? À vélo. Le voyage est à peine commencé, que tout le monde parle déjà de ce trio. Que vont-elles bien pouvoir faire une fois arrivées sur place ?

Mireille, personnage à haut potentiel. Autant dans sa répartie que dans sa philosophie de vie. À 15 ans, elle nous fait nous remettre en question plus d’une fois, et j’ai apprécié sa franchise. Certains d’entre nous en manque cruellement, et selon les situations, c’est bien dommage. Elle ne mâche pas ses mots, et parfois tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de balancer quelque chose ne serait pas un luxe, mais au moins tout le monde sait à quoi s’en tenir. Les dernières pages du roman nous montrent une Mireille changée, et plus mûre. Au début, c’est une ado, qui profite de ses blagues pour se préserver et se défendre. À la fin on la découvre différente, mais toujours mordante.

Astrid a ma reconnaissance éternelle, car elle aime Indochine. Le boudin d’or vit au début très mal ce titre, mais avec ce périple, elle va se découvrir une âme de petite maman, de femme responsable et qui prend soin des autres. Certains, comme Mireille, vont trop vite parfois pour se rendre compte des besoins des autres. Astrid est là pour penser à tout, et écouter les problèmes des gens. Je pense que savoir écouter est une grande qualité, et pas tout le monde n’est capable de le faire correctement.

Hakima c’est la petite sœur qu’on veut protéger. Sa timidité m’aura touchée. Elle puise dans ses ressources plus d’une fois, préfère ne pas se plaindre pour ne pas déranger, et n’hésitera pas à dépasser ses propres limites.

Et enfin Kader, le soleil. Un jeune homme brisé par la vie, qui comme sa sœur Hakima, va profiter de ce voyage pour faire ses preuves. Remettre de l’ordre dans sa tête. Et vivre une aventure unique. (Et être le seul adulte de la compagnie, faut bien que ça reste un peu réaliste).

Au départ, je trouvais l’idée de faire voyager trois adolescentes, seules, sur les routes de France un peu tiré par les cheveux. La mère d’Astrid semble totalement à l’aise, les parents de Mireille pensent à une blague et ceux d’Hakima sont radicalement contre. Le fait que Kader fasse partie de l’aventure ajoute, heureusement, un peu de crédibilité à tout ça. J’aime croire en la bonté des gens, mais à la place des parents, je ne l’aurais pas permis.

Merci, Clémentine Beauvais, pour ces beaux messages. À travers ce livre, on apprend à s’accepter soi-même. On apprend à reconnaître la détresse des gens qui veulent nous écraser, parfois. On retient des répliques bien placées, qui peuvent clouer le bec aux grandes gueules. On découvre que notre famille est unique, et que les amitiés peuvent partir de rien. On visite la France. On désespère face au manque de savoir-vivre des gens qui peuvent se cacher derrière leur anonymat. Mais on sourit aussi de voir que souvent, en vrai, les gens sont bien plus gentils. Et que l’entraide n’est pas perdue.


Autrice : Clémentine Beauvais
Editeur : Sarbacane
Collection : Exprim'
Parution : 1er avril 2015
Pages : 270
EAN-13 : 9782848657684

jeudi 15 juin 2017

Lectures en bulles #1

Silencieuse(s)

Soit on est victime, soit on connaît des victimes. Le harcèlement de rue est un mal bien actuel, qui ne s’arrête jamais. Cette bande dessinée passe d’un profil à un autre, parfois un peu vite, pour nous sensibiliser. Qu’importe la force ou les mots employés, le problème reste le même : ces femmes sont toutes victimes de harcèlement de rue. Et non, ce n’était pas un compliment, ou une manière de draguer, c’est un comportement maladroit et malsain, qui ne met personne à l’aise et qui ne donne pas envie de faire connaissance. 
Dans un aspect plus esthétique, j’ai eu un gros coup de cœur pour les dessins. Que ce soit le trait ou les couleurs, tout m’a plu. En plus, elle délivre un message important, cette bande dessinée a tout bon pour moi.


Giant Days

Belle surprise BD ! Reçu des éditions Akileos, je me suis plongée sans attente particulière dans ce comics. On y découvre trois copines à l’université, radicalement différentes, qui s’apportent chacune quelque chose. Sur son aspect léger et fun, ce comics parle de sujets d’actualité : l’homosexualité, les drogues, l’alcool, le harcèlement, le féminisme, et j’en passe ! À travers ces trois personnages, beaucoup de choses vont être dites, de manière parfois drôle et parfois plus dramatique.  
Jolie découverte et j’ai déjà hâte de lire la suite.




 
Michigan

Le destin d’une war bride. Comme quoi, oser se faire surprendre en BD, ça peut avoir du bon ! Merci aux éditions Dargaud pour cet envoi et cette découverte. Je n’aurais jamais pensé lire un jour un récit traitant de ce sujet. Pour l’instant, ce n’est pas forcément une thématique qui m’intéresse, mais la vie d’Odette m’a touchée. Française, elle épouse un soldat américain et part vivre avec lui aux États-Unis. Lors de son voyage, elle va devoir apprendre les bases de ce qu’est une femme américaine, arriver dans une belle-famille inconnue et s’adapter à un autre pays. Même si c’est un choix pour notre protagoniste, cela ne veut pas dire pour autant que c’est facile. J’ai ressenti ce tiraillement qu’elle avait entre deux cultures. Aux USA, elle se fait traiter d’étrangère, de petite Française. Et quand elle rentre voir sa famille, on la traite d’étrangère, de femme américaine. Elle ne se sent plus vraiment chez elle nulle part, et ça ne devait pas être évident.


Hibakusha

Encore une belle surprise, grâce aux éditions Dupuis cette fois. Je connais très mal et peu la culture et l’histoire japonaise. Pourtant, personne n’ignore l’atrocité historique du 20e siècle qui leur est tombée dessus. Hiroshima et Nagasaki sont connues de tous.
Dans cette histoire, qui m’a fait penser à Soie de Baricco, nous allons vivre l’amour fugace entre un Allemand et une Japonaise. Le titre prend tout son sens une fois arrivé à la fin de l’histoire. Cette découverte m’aura vraiment touchée. Et je serais curieuse de lire la nouvelle Fin de transmission, qui a inspiré cette bande dessinée.

lundi 12 juin 2017

Le puits des mémoires, tome 1 : La traque

Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot pénitentiaire accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, ni de la raison pour laquelle il se retrouve là, en haillons, sur une terre inconnue et glacée. Sur leurs traces, une horde de guerriers venus de l'autre bout du monde met le royaume à feu et à sang pour les retrouver.
Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués, ils vont devoir apprendre à travailler ensemble afin de découvrir la vérité, et survivre dans un monde où règnent violence, complots et magie noire.


Mon avis

Me voilà enfin lancée dans Le puis des mémoires de Gabriel Katz. Pas trop tôt, quand on sait que j’ai tout fait à l’envers avec ses bouquins. C’est Lilian qui m’a proposé une lecture commune avec lui sur ce premier tome, et c’était une très bonne idée. Quelques voyages en train m’auront permis de le dévorer !

C’est avec Aeternia que j’ai découvert la plume de l’auteur, et depuis, j’en suis fan ! La maîtresse de guerre n’était pas aussi bon, mais bien. Avec le premier tome du Puis des mémoires, je retrouve ce que j’ai adoré dans Aeternia. Ce premier volume est excellent et promet une suite comme je les aime. Gabriel Katz est très fort pour nous faire suivre des personnages inconnus. Quand on les découvre, on ne sait pas s’ils sont importants ou non, et soudainement… il casse tout. Il nous fait un revirement de situation et tout ce qu’on avait assimilé jusqu’à cette scène se voit soufflé. Et j’adore ça ! J’ai commencé à comprendre comment il fonctionnait. Et maintenant, je ne m’attache plus à aucun de ses personnages, mais c’est pour éviter que je me brise le cœur. Car dans le genre « je n’ai aucun scrupule à tuer mes personnages », Gabriel se situe à un bon niveau.

Trois hommes se réveillent après un accident. Ils ne savent plus qui ils sont, ni ce qu’ils faisaient dans ces cercueils. Visiblement, on les conduisait quelque part, mais où ? Et pourquoi ? L’auteur le mentionne au début de son roman, on doit ce bouquin à sa passion pour le jeu de rôle. Quand on connaît un peu cet univers, forcément on reconnaît quelques ficelles. Mais elles sont parfaitement utilisées, aux bons moments. Rien de mieux que des personnes perdues et amnésiques pour faire découvrir un monde à ses joueurs, ou en l’occurrence, à ses lecteurs.
Nos trois protagonistes vont devoir évoluer ensemble, se soutenir, se défendre et chercher qui ils sont. L’intrigue est mise en place pour que les indices arrivent au moment voulu, et soient assez vite effacés par une autre scène pour qu’on tourne les pages de plus en plus rapidement. Le page-turner, Gabriel Katz le maîtrise.
Des trois personnages, jusqu’ici, j’ai préféré Nils. Assez froid et direct, c’est un personnage avec peu d’états d’âme pour l’instant. Il se découvre un talent et va en faire son point fort. Olen est le tombeur de ces dames et un joli cœur. À chaque arrêt, il tombe amoureux et ça le rend attendrissant (mais un peu niais aussi). Karib est peut-être le plus sage. Peut-être trop sage d’ailleurs. Il a de bonnes idées, mais réfléchit sûrement trop. En gros, ils forment un parfait trio, chacun ayant ses forces et ses faiblesses que les autres pourront combler.

Quand on a lu d’autres romans fantasy de l’auteur, on sait que les personnages évoluent dans le même univers, sans forcément se croiser pour l’instant. Mais on reconnaît certains détails et ça nous fait sourire. Avantage, on peut les lire dans l’ordre que l’on souhaite ! Encore une très bonne surprise avec Katz, et merci aux éditions Scrineo qui avaient eu la bonne idée de m’envoyer la trilogie complète, car je me réjouis déjà de la continuer. 


Auteur : Gabriel Katz
Éditeur : Pocket
Collection : Science-Fiction, Fantasy
Parution : 8 janvier 2015
Pages : 380
EAN-13 : 9782266244510

jeudi 1 juin 2017

La quête du roi Arthur, tome 1 : Excalibur, l'épée dans la pierre

En pays de Grimoirie, le tout jeune Arthur rencontre un jour Merlin et commence auprès de lui un apprentissage des plus anticonformistes... Moins qu'à la politique et aux armes, le futur roi s'initie aux secrets de la nature et aux mystères du monde animal dans une cascade de métamorphoses : il est ainsi changé en poisson, en blaireau ; il apprend le langage des faucons et leurs règles de vie ; se trouve confronté à la société guerrière et totalitaire des fourmis, face à l'univers pacifiste et libre des oies sauvages ! Autant d'initiations à la liberté, à l'indépendance et à l'adresse, en attendant de trouver Excalibur, la fameuse épée dans la pierre...


Mon avis

Vous connaissez déjà mon système de bookjar, et mes diverses pioches par mois. Et bien ces derniers temps, j’ai également décidé de classer ma PAL de manière chronologique sur Livraddict, et de sortir chaque mois le livre le plus ancien. Celui qui est dans ma biblio depuis des mois, voire souvent, des années. Pour avril, c’était le premier tome de la Quête du roi Arthur. Acheté sur un coup de tête il y a quelques années.

Comme souvent, je commence ma lecture sans lire le résumé (lu… au moment de l’achat). Et très rapidement, je fais des liens avec Merlin l’enchanteur, de Disney. En poursuivant ma lecture, je trouve les similitudes bien trop nombreuses pour être un hasard. Sans surprise, en relisant la quatrième de couverture, je découvre qu’en effet Disney a adapté ce roman. Comme souvent, Disney a édulcoré le texte d’origine : la Verrue est devenue Moustique, et les aventures avec Robin des bois, belle Marianne et la fée Morgane sont passées sous silence. Je ne crache pas pour autant sur Disney, car Merlin l’enchanteur m’a toujours beaucoup fait rire.

Et on comprend d’où vient cette touche d’humour quand on lit la version de T. H. White. Le loufoque, il maîtrise bien. La Verrue, alias Arthur, est le fils adoptif de messire Auctor. Destiné à devenir le palefrenier de Keu, le fils de messire Auctor, il fait de son mieux pour faire ce qu’on lui demande. Par un malheureux hasard, il va rencontrer Merlin, barbu au chapeau pointu qui possède une connaissance sans limites. Merlin, comme dans toute bonne légende arthurienne, sait bien qui se cache dans la peau de ce jeune garçon et décide de le former. Commence alors un apprentissage étrange, où Arthur va se voir transformé en poisson, fourmi et autres joyeusetés.

Les quêtes sont drôles, et pleines de découvertes. Arthur va beaucoup apprendre en pensant autrement. Nager comme un poisson, les différents statuts des oiseaux, etc. Après, c’est sûr que j’avais le dessin animé en tête durant toute ma lecture. Difficile de s’enlever ces images de la tête.
C’était une lecture détente. Pas encore sûre de me jeter sur la suite (trilogie), mais j’ai apprécié ma lecture.


Auteur : T. H. White
Éditeur : Le livre de poche
Collection : Fantasy
Parution : 14 mai 2008
Pages : 347
EAN-13 : 9782253146551

lundi 22 mai 2017

Gardiens des cités perdues, tome 1

Depuis des années, Sophie sait qu'elle n'est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l'école, où elle n'a pas besoin d'écouter les cours pour comprendre. La raison ? Elle est dotée d'une mémoire photographique... Mais ce n'est pas tout : ce qu'elle n'a jamais révélé à personne, c'est qu'elle entend penser les autres comme s'ils lui parlaient à voix haute. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d'Histoire naturelle quand un étrange garçon l'aborde.
Dès cet instant, la vie qu'elle connaissait est terminée : elle n'est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu'elle a quitté douze ans plus tôt. L'y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle ? Pourquoi l'a-t-on cachée dans le monde des humains ? Pourquoi n'a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé ?


Mon avis

Cette saga est aimée par beaucoup, j’avais donc de l’appréhension en la commençant. C’est bien connu, plus on me parle positivement de quelque chose, plus j’ai peur d’en attendre trop. Le comble pour une libraire, blogueuse et booktubeuse en fait. Car mon rôle et mon but est de vous donner envie de lire ce que j’ai aimé. Et pourtant, je sais à quel point on peut être déçu par des livres trop encensés. C’est pour quoi j’essaie, même à travers mes coups de cœur, de vous laisser un peu dans le flou, sans trop en dire, mais croyez-moi, c’est difficile. En général quand on aime, on veut en parler tout le temps. Ce qui s’est passé avec beaucoup de lecteurs concernant la série Gardiens des citées perdues. 

Soyons honnêtes, dès le départ, je n’ai pas été emballée par ce premier tome. Je ne suis pas dans l’optique de lire la suite, même si déjà quelques lecteurs ont pu me dire de m’accrocher. En ce moment, ce n’est peut-être pas ce qu’il me faut, je pense donc laisser passer cette série.
Malheureusement, j’ai trouvé que Shannon Messenger avait un univers très brouillon, malgré son imagination. Il y a de très bonnes idées, mais peu de choses sont imagées. J’avais une sensation de flou durant toute ma lecture concernant les lieux où se trouvent les personnages par exemple. L’autrice intègre très vite beaucoup d’éléments du monde des elfes, qui nous sont totalement inconnus et dont on ne connaît pas la forme ni l’utilisation. Si les explications arrivent petit à petit avec les découvertes de Sophie, le personnage central, il y a des choses qui restent très vagues et qui m’auront plus parasité que vraiment apporté de l’intérêt pour l’histoire. 

Les personnages relèvent un peu le niveau. Sophie est une petite fille brillante pour son âge, chez les humains. Sauf qu’elle n’a rien à faire chez eux. Une fois arrivée dans le monde des elfes, elle a tout à apprendre. On la découvre, forcément, dotée de pouvoirs trop puissants pour son âge et des origines obscures et inconnues. Les personnages qu’elle va rencontrer sont pour la plupart pas mal clichés : le gentil garçon/meilleur copain, la meilleure copine qui n’aime personne, le beau gosse à l’humour un peu lourd, le beau gosse tout court et sa sœur. À part Dex (le gentil garçon/meilleur copain), les autres ne m’auront pas marquée. Dex représente pour moi une sorte de Ronald Weasley. Sympa, qui ne s’arrête pas aux apparences et qui essaie tant bien que mal d’aider Sophie à comprendre cette nouvelle vie (le coup du MP3, est l’un des meilleurs passages).
Pour le reste, je suis restée pas mal hermétique à cette histoire. Shannon Messenger envoie beaucoup d’informations et je crois que je ne faisais pas le lien entre tout ça. Il n’y avait pas cette étincelle qui me fait poursuivre une lecture avec envie et avidité. J’étais simplement lasse de reprendre mon livre. J’attendais que les choses se passent, et même quand elles arrivaient enfin, je restais sur ma faim.

L’intrigue n’aura pas su me convaincre. Il y a de bonnes idées, je ne peux pas le nier, mais le monde ne me pas séduite. J’avais l’impression de ne pas être dans la tête de l’autrice, contrairement à d’autres lecteurs, et de ne pas réussir à la suivre. Passer une lecture à essayer de visualiser des lieux et des objets inconnus, car leurs descriptions ne me convainquaient pas, c’est pénible au bout de 500 pages.


Autrice : Shannon Messenger
Editeur : Lumen
Collection : -
Parution : 15 mai 2014
Pages : 515
EAN-13 : 9782371020047

samedi 20 mai 2017

La déclaration, tome 3 : La révélation

Anna et Peter, les deux héros de La Déclaration et de La Résistance, coulent des jours tranquilles en Écosse avec leur fille Molly.
Pendant ce temps, à Londres, un événement affole la puissante société Pincent Pharma, qui commercialise les pilules de Longévité : une étrange épidémie provoque la mort subite de centaines, puis de milliers d'individus. D'abord étouffées par les Autorités, ces disparitions multiples finissent par alerter la population. Pincent Pharma fait alors croire qu'il s'agit d'un attentat de la Résistance, qui aurait empoisonné des lots de pilules, et les Autorités arrêtent Paul, le leader des Résistants.
Le combat pour la perpétuation du règne de Longévité ou pour sa chute commence...


Mon avis

Fin de trilogie ! Je répète : fin de trilogie ! En ce moment, je termine pas mal de séries (grâce à ma bookjar d’ailleurs), et cette fois c’était au tour de La Déclaration de Gemma Malley. Ce dernier tome devait apporter pas mal de réponses, et même si tout s’est passé très vite, j’ai trouvé que le message final était très important.

Un des bémols de ce tome est le rôle d’Anna. Elle est le personnage central du premier tome, on découvre ce monde dystopique avec elle à Grange Hall, l’endroit où sont formés les surplus (enfants nés après la déclaration). Déjà peu présente dans le deuxième tome, vu qu’on s’intéresse à Peter, elle est totalement passive dans le dernier volume. Et c’est bien dommage. On la retrouve dans le rôle de la gentille mère au foyer, alors que j’aurais voulu la voir plus engagée.
Malgré sa présence, Peter n’est pas non plus très attachant. Sa petite vie au calme ne lui convient plus, et il va sauter sur la première occasion pour retourner à Londres et aider les opposants de la Déclaration.

Au final, cette fin est très saccadée, et mal rythmée. Mais son message final est très important. Que ce soit pour notre génération ou les prochaines. On insiste sur le cycle de la vie, mère Nature, etc. L’autrice nous surprend d’ailleurs avec un joli twist final, bien trouvé. Peut-être un peu tiré par les cheveux, mais original. Dommage que le souffle de cette trilogie ne soit pas constant sur les trois tomes, car elle traite d’un sujet intéressant. Mais on se désintéresse rapidement des personnages qui ne sont pas assez accrocheurs.


Autrice : Gemma Malley
Éditeur : Naïve
Collection : Naïveland
Parution : 20 avril 2011
Pages : 334
EAN-13 : 9782350212425

jeudi 18 mai 2017

Vers le zéro déchet : cup et stérilet

Avant de lire cet article, sachez que je ne suis pas sage-femme, ni gynécologue ni d’aucun autre secteur du domaine médical. Je parle simplement en tant que femme.

Dans ma série d’articles vers le zéro déchet, je vais commencer par le plus glamour, aujourd’hui parlons règles et contraception. Deux sujets qui vont de pair et dont on doit toutes s’occuper à un moment ou un autre.

Je vis une histoire très banale avec mes règles. Elles arrivent et elles repartent, dans un cycle bien réglé maintenant, je ne m’en plains pas. Ce qui m’a toujours embêté, c’est le flux de sang constant qui se déverse dans mon slip. À 14 ans, le tampon n’était pas envisageable pour des raisons médicales, et j’ai dû attendre 2 ans avant de pouvoir en mettre. J’étais toute contente, c’était la révolution de ma vie ! Puis les premiers articles démontant cette protection m’ont fait réfléchir, et voir mes petits tampons s’accumuler sur plusieurs jours dans la poubelle de la salle de bain m’aura convaincu : il fallait que je passe à autre chose.
Sans hésiter longtemps, avec l’arrêt de ma pilule en 2014, je suis passée à la cup menstruelle. Je n’invente rien, des articles et des vidéos vous montrant la cup sous tous ses aspects existent par centaines. De mon côté, je trouve que c’est ma bonne solution pour l’instant. Je la plie, je la rentre et quand il faut, je verse le tout dans les toilettes. On rince et c’est reparti (sans oublier de la stériliser avant la première utilisation chaque mois). Certainement que la cup n’est pas parfaite à 100%, avec le temps j’aimerais arriver à me réguler toute seule, pour n’avoir besoin d’aucune protection. En attendant, elle convient très bien à mon mode de vie, autant avant qu’après bébé. 
Mais la cup c'est surtout être à l'aise avec son corps. Ne pas être dégoutée ou avoir peur d'introduire ses doigts dans son vagin. Connaître un peu son flux menstruel pour savoir s'il faudra la vider dans la journée, ou non. Si vous ne le sentez pas, ne vous forcez pas. Les protèges slip lavables et réutilisables existent, c'est aussi une solution vers le zéro déchet et les économies. J'entends souvent dire que la cup c'est cher, juste pour tester. Chanceuse que je suis, j'ai trouvé la bonne du premier coup. Mais j'aurais peut-être eu besoin d'en tester deux. Dans tous les cas, quand on calcul sur le long terme, ça aurait toujours fait moins cher que des boites et paquets de tampons ou serviettes jetables. 



Justement, en parlant bébé, maintenant qu’elle est là, il fallait bien retrouver un moyen de contraception. J’ai arrêté la pilule en décembre 2014, et je m’en portais très bien. M’y remettre ne me tentait pas du tout, j’avais envie de quelque chose de naturel, sans hormones, et qui me permette de batifoler en toute sécurité avec mon conjoint. Si en plus je pouvais éviter de penser à la prendre tous les soirs, et d’amasser des plaquettes vides dans ma poubelle, ça serait encore mieux ! 
Après quelques recherches et demandes d’informations à mon gynéco, je me suis dirigée vers le stérilet au cuivre, qui fonctionne sans hormones, et que je peux laisser en place 5 ans tout en restant protégée. Je rappelle qu’un moyen de contraception est là uniquement pour éviter de tomber enceinte ! Que ce soit la pilule ou le stérilet, ils ne vous protègent pas des maladies sexuellement transmissibles.
Pour une première dans la contraception autre que la pilule, j’en suis très contente. Mon expérience aura été (comme le reste) assez banale. En plein dans mes règles, je suis arrivée au cabinet et hop, en 5 minutes c’était fait. J’avoue que ce n’était pas une partie de plaisir, ça picote 2 secondes, mais c’est vite terminé. Le flux a eu besoin de se stabiliser, mais en 2 – 3 mois le tour était joué et tout était comme avant. 
A ce que je sache, qu'on soit une femme nullipare ou non, le stérilet (avec ou sans hormones) est tout à fait envisageable. Comme souvent c'est plus facile à enlever qu'à mettre. Mais si vous voulez des enfants d'ici 2 ans par exemple, rien ne vous empêche de mettre un stérilet aujourd'hui et de le retirer le moment venu. Comme la cup, c'est un investissement sur le moment, mais qui dure. Mon calcul a été vite fait, à l'année ma pilule me revenait plus cher que 5 ans de stérilet.

L’impact ? Sur ma santé, mon porte-monnaie et ma poubelle. Exit les plaquettes de pilule vides, les serviettes, les tampons qui s’amoncèlent dans la poubelle. Au revoir les hormones, sans qui je vis bien mieux. Et vive les économies !  

Encore une fois, je n’ai pas les compétences pour vous conseiller à ce sujet. C’est très intime. Le mieux est toujours d’en parler avec ses proches ou son médecin. Ces façons de faire me conviennent très bien et s’accordent à ma vie et à ma santé actuelle.  A savoir également, que je n'ai jamais eu de problèmes avec des douleurs à cause de mes règles, et que mon corps accepte beaucoup de choses, sans vouloir les rejeter. 

Mise à jour, 18.05.2017 : dans les commentaires, certaines me précisent que l'usage de la cup n'est plus possible avec la pose d'un stérilet. Après avoir posé la question deux fois à mon gynéco, il m'a assuré pouvoir continuer de l'utiliser. Encore une fois, nous sommes toutes différentes. Peut-être que vous ne pourrez plus utiliser votre cup avec le stérilet, ou peut-être que si. Demandez toujours des précisions à votre gynécologue. 

jeudi 11 mai 2017

Le goût du bonheur, tome 3 : Florent

Les turbulences de la vie et de la guerre ont brisé Adélaïde. Seule la très ancienne affection de Florent éclaire encore ses journées. Et ce dernier, devenu un couturier célèbre dans le monde entier, n'a pas été épargné lui non plus : il entretient désormais une liaison agitée avec un acteur. Il va devoir une fois encore soutenir sa vieille amie car Adélaïde finit par tout apprendre sur son défunt mari... mais est-il encore temps de souffrir ?

Les destins se heurtent et se conjuguent à la recherche d'une sérénité incertaine et toujours dérobée. Même si le sort en est jeté, les personnages ballottés par la vie conservent, envers et contre tout, le goût du bonheur...


Mon avis

Attention, peut contenir des spoils concernant les tomes précédents : Gabrielle et Adélaïde 

1090 pages, et me voilà au bout des aventures de Gabrielle, Adélaïde et Florent. Depuis que j’ai refermé ce troisième tome, je suis en deuil, en quelque sorte. Je lis d’autres choses, mais rien ne me semble à la hauteur. Ces personnages et leurs aventures sont encore trop ancrés en moi pour que je ne pense pas constamment à eux. Ils m’ont apporté tant de joie et de peine, j’ai vécu tellement de choses avec eux, que c’est comme perdre de vue quelqu’un de proche. Ils nous manquent. On se demande ce qu’ils deviennent.

Marie Laberge a réussi à écrire une saga passionnante, qui se déroule sur 40 ans. Les changements et les actions sont minimes, mais ils donnent un rythme soutenu à ces histoires. J’ai eu la chance de la rencontrer lors d’une conférence à la bibliothèque de la ville de Fribourg, le lundi 1er mai. Elle parlait de cette trilogie et de ce qui l’a inspirée. La mode certes, beaucoup à travers Florent, mais surtout la parole des femmes. Les droits qu’elles ont commencé à obtenir. On rencontre Gabrielle, qui est une révolutionnaire inconnue, une femme comme les autres qui, par quelques gestes, attribue une nouvelle place aux femmes. J’aime dire que Gabrielle est l’étincelle et que sa fille Adélaïde est la flamme.

On la retrouve d’ailleurs dans un sale état, notre Adélaïde. La fin du deuxième tome fut un véritable calvaire pour tout le monde. Mais malgré son chagrin, elle reste debout. Fait des erreurs, comme tout le monde, se comporte de manière intempestive et s’excuse. Florent se cherche encore beaucoup. Il est tout aussi atteint par la perte de ces êtres chers, mais rien ne lui fera abandonner son Ada, sa muse de toujours. Son âme sœur. Celle pour qui il donnerait tout. Il va devoir apprendre à se reconstruire lui aussi. Beaucoup grâce à Léa, cette petite fille pleine de vie et de charme. Ses déceptions amoureuses vont lui mener la vie dure. Et puis, il y a Léah, Lili, cette jeune femme qui est une parfaite continuité des idées d’Adélaïde (je pense notamment à sa grande tirade de fin). Rencontrer des personnages, comme ces femmes et ces hommes, ne peut qu’encourager à poursuivre nos rêves, à croire en nous et nos talents. Oui, nous ferons tous des erreurs, comme eux, mais se relever est toujours possible, comme eux.

Merci, Madame Laberge, pour ces messages d’espoir, d’acceptation et d’ouverture d’esprit que vous faites passer à travers vos romans. Cette trilogie est plus qu’une saga familiale, c’est une saga de vie. On apprend tant de choses sur les autres et sur nous-mêmes en les lisant ! J’ai pleuré. Mais j’ai également beaucoup ri. J’ai appris des choses. J’ai réfléchi. J’ai fait tout ça grâce à vos personnages et leurs aventures. J’ai eu peur également. La folie de certains nous met mal à l’aise, mais on n’oublie pas de les aider, comme on peut.

Petit P.S. Merci pour Germaine. Merci de lui avoir accordé cette fin.


Autrice : Marie Laberge
Éditeur : Pocket  
Collection : Best
Parution : 7 juin 2007
Pages : 1103
EAN-13 : 9782266167628



mardi 9 mai 2017

Chanson douce

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.


Mon avis

La vie est remplie de premières fois, celle d’aujourd’hui est d’avoir lu un prix littéraire. Et pas n’importe lequel, le Goncourt 2016. Je me souviens que ma première année d’apprentie libraire avait été marquée par Alabama Song de Gilles Leroy. C’était en 2007, et notre professeur nous avait fait apprendre par cœur tous les lauréats des prix littéraires de cette année. Même en étant « du métier », j’avais peur de lire un prix. Je m’attendais à du « compliqué », car les préjugés peuvent être tenaces.

Quand Chanson douce a transité entre les mains de mes tantes, de ma mère et enfin les miennes, j’ai sauté sur l’occasion ! J’avais lu le prologue le jour de l’annonce du prix, et je m’étais arrêtée là. Déjà bien traumatisée (enceinte de 8 mois à l’époque, ça n’aidait sûrement pas).
Leïla Slimani a pour moi une plume qui peut ressembler à celle d’Anne B. Ragde. Quelque chose de tranchant, sec et cassant. Il n’y a pas beaucoup de douceur dans son style. Elle colle à son histoire jusque dans sa plume. On découvre cette famille, et d’emblée, on est mal à l’aise. J’avais cette sensation d’être minuscule et de regarder les scènes bizarres de ce ménage, sans que personne ne remarque ma présence. Mais toujours en me sentant à part. Et heureusement…

Myriam veut reprendre le travail. Après deux enfants et quelques années en tant que mère au foyer, elle est sur le point de craquer. La famille engage une nounou, Louise, qui avait fait le bonheur de tant de familles avant eux. Les débuts sont prometteurs, Louise est une personne sérieuse, de confiance et bienveillante envers les enfants, mais aussi les parents. Elle devient vite indispensable, et c’est là que l’horreur se met en place. Enfin, j’imagine.
Dès le départ, on sait que la fin est tragique. Mais comment est-ce arrivé ? Pourquoi ? L’autrice nous embarque dans la descente aux enfers de cette femme, et dans sa chute, elle prendra bien soin d’emporter cette famille avec elle. Si on soupçonne facilement pourquoi Louise a commis l’irréparable, il n’est pas écrit noir sur blanc. Est-ce ce qui m’a dérangé ? Peut-être. Avais-je besoin que l’autrice me prenne par la main et me montre le moment clé, celui qui ne permettait plus de retour en arrière ? J’imagine. Mais finalement, sans clairement le dire, elle nous montre plein de fois ces moments. La vie de Louise s’écroule petit à petit, et nous, simples spectateurs, avons un avant-goût du pire.

Les parents ne sont pas tout blanc dans l’histoire. Les signes de malaise et de changements chez Louise sont apparents, et ils n’auraient qu’un mot à dire pour la congédier. Mais j’ai ressenti cette sensation de malaise. La garder pour faire bien. La garder, car elle est dans une mauvaise passe. La garder parce que les enfants l’aiment beaucoup. Et nous aussi. Elle fait à manger après tout. Louise enferme la famille sous son joug, sans que celle-ci ne s’en rende vraiment compte. Au moment où Myriam et Paul sentent que la nounou est indispensable, il est déjà trop tard.
Je pense qu’on peut ressortir un peu déçu de cette lecture. Mais plus on va y réfléchir, et plus on va trouver des raisons, des explications. Oui, on doit tirer certaines conclusions nous-mêmes, mais ce n’est pas un mal. Finalement, on avait tout devant les yeux depuis de nombreuses pages.

Et puis, il y a cette manière de nous mettre mal à l’aise avec peu de choses, comme les parties de cache-cache. La carcasse de poulet. Les douches. La sortie au restaurant. Louise nous glace le sang si subtilement qu’on a à peine le temps de réagir, et c’est déjà la fin.


Autrice : Leïla Slimani 
Éditeur : Gallimard
Collection : Blanche
Parution : 18 août 2016
Pages : 226
EAN-13 : 9782070196678

dimanche 23 avril 2017

146298

« La fille met des gants. Elle applique la feuille, appuie dessus avec le plat de sa main et la retire lentement. Je regarde.
Mon avant-bras.
C'est là.
Le motif apparaît. Les chiffres.
La succession froide que je connais par coeur.
Ce que ce tatouage va révéler a toujours existé. »


Mon avis

Dans le cadre du Salon du livre de Genève 2017, je vais rencontrer Rachel Corenblit. Pour préparer cette interview, on m’a envoyé son roman 146298, petit texte paru dans la collection D’une seule voix chez Actes Sud Junior.

65 pages, c’est court. Et j’avais peur de ne pas réussir à entrer dans l’histoire en si peu de pages. Pourtant, l’autrice réussit l’exploit d’embarquer son lecteur dès la première ligne. Cette succession de chiffres est un mystère, mais chaque page nous rapproche de la dure vérité.
On découvre une relation également, celle de la petite-fille et de sa grand-mère. La vie. Les souvenirs. L’oubli. La liberté.

C’est un texte poignant. Qui met en avant un pan de l’histoire qu’on n’oubliera jamais. Mais aussi la recherche d’identité d’une ado qui ne comprend pas encore. Qui essaie de vivre ce qu’on ose à peine imaginer. Elle va jusqu’à tester ses limites pour ressentir l’atrocité des souvenirs de sa grand-mère.

65 pages qui restent gravées dans notre mémoire.
Comme les chiffres tatoués sur la peau.


Autrice : Rachel Corenblit 
Editeur : Actes Sud Junior
Collection : D'une seule voix
Parution : 2 septembre 2015
Pages : 65
EAN-13 : 9782330053758 

jeudi 20 avril 2017

Les mondes d'Ewilan, tome 3 : Les tentacules du mal

« Un frisson d'angoisse parcourut le dos d'Ewilan. - L'Appel Final mérite des jeux extraordinaires, peuple de Valingaï, poursuivit Baaldoub. Je t'ai donc concocté un programme éblouissant, un programme sanglant, un programme à ta mesure ! »
Ewilan parvient dans la cité-État de Valingaï. Elle affronte la force obscure d'Ahmour en un combat épique puis les terribles révélations d'Eléa Ril' Morienval, avant de choisir son avenir. 


Mon avis 

Peut contenir des spoilers concernant les tomes précédents Les mondes d'Ewilan : La forêt des captifs, L'oeil d'Otolep.
 


Et voilà. On y est, c’est terminé. Plus jamais je ne découvrirai un texte de Pierre Bottero « comme la première fois ». J’ai repoussé le plus longtemps possible ma lecture de la trilogie Les mondes d’Ewilan, parce que je savais qu’après ça, il n’y aurait plus jamais rien de nouveau. Parce que j’avais déjà relu plein de fois La Quête, Ellana, L’Autre, Les âmes croisées et tant d’autres.
Le premier et le deuxième tome de cette trilogie ne m’avaient pas franchement convaincue. Trop introductif pour l’un, trop répété pour l’autre. Ce troisième et dernier tome relève le niveau et nous apporte une fin de saga digne de Pierre Bottero.

L’auteur va jouer avec nos nerfs durant en tout cas 50 pages, intenses et pleines de doutes. Il maîtrise l’ascenseur émotionnel à la perfection, et j’ai souvent versé ma petite larme pour la ravaler juste derrière. Pourtant vous le savez, j’ai plutôt un cœur de pierre en littérature. Oui, sauf qu’avec mon avis sur Adélaïde de Marie Laberge et maintenant celui-ci, vous vous dites que je vous ai clairement menti.
Pierre Bottero innove ! Il nous présente de nouveaux peuples et un nouveau continent. Qui pour moi arrivent un peu tard. Il aurait largement pu introduire cette partie du monde dans le deuxième tome, en raccourcissant l’aspect « quête » de ce dernier, qui ressemblait beaucoup trop à la première trilogie.

Ewilan et ses amis sont enfin arrivés de l’autre côté de la mer des Brumes et cherchent à rejoindre Valingaï, la cité dont vient le jeune Illian. Si tout se passe bien dans un premier temps, ils vont vite se rendre compte que ce continent ne ressemble pas à Gwendalavir, et qu’ils ne sont pas toujours les bienvenus. De plus, Ewilan doit également trouver un moyen pour détruire Ahmour, la méduse qui a pris possession de l’Imagination et empêche les dessinateurs d’entrer dans les Spires.
Que dire de plus ? Franchement, ce tome est très bon, il clôt parfaitement un cycle, mais malheureusement pour les fans, je trouve qu’il en ouvrait également un autre. Le dernier chapitre, ainsi que la nouvelle carte au début du roman, auraient pu laisser envisager une suite. Une troisième trilogie. Car finalement, on explore très peu ce nouveau monde. Et j’aime imaginer que Bottero aurait pu nous concocter une suite, juste pour expliquer ou montrer une petite chose qu’on peut découvrir quand on a lu le dernier tome de L’Autre. Je vous disais déjà que les livres de l’auteur se croisaient volontairement.

Ce tome est peut-être le plus adulte de la série Ewilan. Il parle de beaucoup de sujets : amour, famille, amitié, mais également politique, religion et guerre. L’aventure ne sera pas tendre avec les personnages, et on retient notre respiration plus d’une fois. On relit certains passages pour être sûr. Et on croise les doigts pour que le pire n’arrive pas.
Tous les personnages m’ont réjoui. Ewilan est une véritable héroïne pour moi, elle ne se laisse pas aveugler par son statut, et n’accepte pas certaines fatalités. Elle est réaliste. Même si elle est très courageuse, on la sait également apeurée par cette aventure et l’affrontement final. Et que dire sur Ellana, Bjorn, Salim et les autres ? Chacun va terriblement me manquer. Et je relirai avec grand plaisir leurs aventures, encore et encore.

Pierre Bottero aura créé un univers merveilleux. Avec des personnages et des histoires qui auront bercé mon adolescence.


Auteur : Pierre Bottero
Editeur : Rageot
Collection : -
Parution : 14 octobre 2015
Pages : 440
EAN-13 : 9782700249316

mardi 18 avril 2017

Grandes ou petites bibliothèques ?

Vous n’imaginez pas le nombre de messages que je reçois me disant : je ne peux pas être blogueur/booktubeur, car je n’ai pas une assez grande bibliothèque. Chaque fois, j’écarquille un peu plus les yeux, car je me demande d’où vient cette idée, que plus on aura de livres chez soi, plus on sera légitime à être booktubeur ou blogueur littéraire. J’admets que suivre des gens qui possèdent de grandes bibliothèques, bien garnies, n’aide pas à se dire qu’une petite rangée de livres, ou pas de livres du tout n’empêche pas de se lancer dans l’aventure. Ou de se désigner comme étant un grand lecteur. Et pourtant…

Petit retour en arrière. 2004, je vous présente Margaud, environ 14 ans. Margaud a un peu d’argent de poche, là n’est pas la question, mais les livres, ça coûte cher. Sa maman est très gentille et lui en offre de temps en temps, mais elle non plus n’a pas de compte en banque illimité. Donc elles vont souvent à la bibliothèque, et là, c’est le paradis des livres ! Si Margaud rêve d’avoir un jour une bibliothèque de la taille de celle de la Bête, avant d’atteindre ce stade, elle emprunte tout ce qu’elle peut, et fait de sacrées découvertes. Mais petit à petit, elle commence à faire sa petite collection personnelle. Et les livres s’accumulent doucement. Doucement. C’est comme ça que ma bibliothèque ressemble aujourd’hui à ce qu’elle est. Parce que les choses se sont faites petit à petit.




Là où je veux en venir, c’est que la taille de votre bibliothèque ne détermine pas quel genre de lecteur vous êtes. Je fais constamment du tri dans la mienne. Car je n’ai pas la place pour en mettre d’autres. Et je ne voudrais pas en ajouter d’autres finalement. Je ne collectionne que peu de choses, voire presque rien d’autre que les livres. C’est mon petit plaisir, et quand il me reste du budget à la fin du mois, je me permets un petit craquage. Parce que c’est mon truc. Pour d’autres ça sera des chaussures, du vin, des DVD, de la musique, ou que sais-je d’autre, ou rien !
Mais je sais que certains livres n’ont plus leur place chez moi. Ils ne me correspondent, ne me représentent plus. Donc je les donne. Pour qu’ils fassent plaisir à d’autres lecteurs. Je m’en sépare, pour que d’autres que j’ai plus aimés prennent leur place. C’est un cycle. Il faut aussi retenir que nous n’avons pas tous le même budget à disposition pour nos passions. Chacun son rythme de vie. Et quand on a 14 ans, ou la vingtaine et encore aux études dans un mini studio, une grande bibliothèque n’est pas une priorité. Donc emprunter à la bibliothèque est la meilleure des solutions. Et permet de lire tout autant que si on les avait achetés. C’est bien le texte qui compte, non ?

Ne comparez pas vos bibliothèques avec celles des autres. Elles ne vous ressemblent sûrement pas. Car vous êtes en train de construire la vôtre. Elle est peut-être petite pour l’instant, ou inexistante. Mais si vous en avez vraiment envie, avec le temps vous commencerez à acquérir les livres que vous souhaitez vraiment y voir. Et avec l’âge, certains livres qui s’y trouvent ne vous sembleront plus être à leur place, et vous les remplacerez par d’autres. Et ainsi de suite.
Gardez à l’esprit que le plus important est de découvrir, lire et aimer ça. Pas la façon dont les livres vont s’entasser chez vous.

dimanche 16 avril 2017

Forbidden

She is pretty and talented - sweet sixteen and never been kissed. He is seventeen; gorgeous and on the brink of a bright future. And now they have fallen in love. But... they are brother and sister.

Seventeen-year-old Lochan and sixteen-year-old Maya have always felt more like friends than siblings. Together they have stepped in for their alcoholic, wayward mother to take care of their three younger siblings. As defacto parents to the little ones, Lochan and Maya have had to grow up fast. And the stress of their lives—and the way they understand each other so completely—has also brought them closer than two siblings would ordinarily be. So close, in fact, that they have fallen in love. Their clandestine romance quickly blooms into deep, desperate love. They know their relationship is wrong and cannot possibly continue. And yet, they cannot stop what feels so incredibly right. As the novel careens toward an explosive and shocking finale, only one thing is certain: a love this devastating has no happy ending.


Mon avis

Pour cette chronique, je vais devoir m’armer de patience, car elle va être compliquée à rédiger. Forbidden va paraître en français aux éditions Milady d’ici juillet 2017 normalement, et j’espère que vous le lirez, histoire qu’on puisse en débattre un peu. Ou si vous êtes très impatients, la version anglaise est disponible, mais pas super évidente à lire.

Lu en lecture commune avec Moody, j’étais très heureuse de pouvoir lui en parler à la fin. Ce livre est très particulier. On réfléchit beaucoup, et on remet constamment son jugement en question. Tabitha Suzuma aborde un thème très difficile, peu répandu et plutôt tabou : l’amour entre un frère et une sœur (pas de spoil, c’est sur la couverture et la 4e). Elle va nous faire entrer dans le quotidien morose de Lochan et Maya, un frère et une sœur de 16 et 17 ans qui doivent jouer le rôle de parents auprès de leurs plus jeunes frères et sœurs. Le père est parti depuis de nombreuses années, et la mère est une alcoolique peu présente. Cette situation plutôt ambiguë va leur faire endosser une fonction qui n’est pas la leur, et peut-être aider à développer certains sentiments l’un envers l’autre.

Lochan a 17 ans, il est le plus grand de la fratrie et aussi le plus déprimé. Si au départ j’ai eu beaucoup d’affection pour lui, je l’ai rapidement trouvé très extrême dans son comportement. Crises de colère et grosse déprime étaient au rendez-vous.  
De l’autre côté, Maya est une jeune fille pleine de ressources, qui fait son possible pour que toute la famille avance chaque jour un peu mieux que la veille. Je ne peux pas vous dire que je n’ai pas aimé Lochan, on s’attache beaucoup à lui et ses réflexions sur le monde qui l’entoure m’ont rappelé beaucoup de choses. Une phrase en particulier m’a sauté à la gorge : « …je veux sortir de ma propre peau ». C’est une sensation qu’on peut facilement avoir quand on est mal dans sa peau. Malheureusement, il a vite basculé de l’autre côté du miroir pour moi. Il lui manquait cet touche d'« espoir ». J’aurais aimé voir plus de lumière dans ce personnage.
Ce que Maya possède finalement. Elle n’est pas tout le temps joyeuse non plus, et reflète pour moi parfaitement l’adolescence. Beaucoup de doutes, mais aussi des moments plus légers. Je ne sais comment l’expliquer.

Finalement, que penser exactement de cette histoire ? Elle est touchante. Marquante. Et pour moi, dérangeante aussi. J’avais cette impossibilité à me faire à cet amour. Peut-être parce qu’on en parle trop peu ? En fait, j’essaie encore de le comprendre maintenant, bien des jours après avoir terminé ma lecture. J’essaie de faire la part des choses. Et même si les personnages m’ont touchée, par leur histoire tendre et naturelle pour eux, je n’arrive pas à me mettre à leur place. Je n’arrive pas à ressentir leurs émotions. Peut-être que ça viendra avec le temps.
La fin m’a coupé le souffle. Elle n’a pas pris la direction que j’attendais, et du coup j’ai du mal à l’accepter. Finalement, elle correspond à l’histoire, c’est tout ce que je peux vous en dire, sans vous donner trop d’informations.

Mais je conseille ce livre, car il pousse à la réflexion. On s’intéresse à des sujets tabous, à travers des personnages intéressants.


Autrice : Tabitha Suzuma
Éditeur : Definitions
Collection : -
Parution : 27 mai 2010
Pages : 432
EAN-13 : 9781862308169

vendredi 14 avril 2017

Carry On

Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l'évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu'il se trouve à l'école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n'a rien, mais vraiment rien de l'Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue...


Mon avis

Comme je vous le disais précédemment, j’ai pu rencontrer Rainbow Rowell durant le Salon du livre de Paris. Pendant cette interview, je lui ai posé deux-trois questions sur son dernier roman : Carry On. J’avais plus qu’adoré Fangirl, qui fait partie de mes chocolats chauds livresques, livre doudou que je prendrais plaisir à relire (d’ailleurs, il faudrait que je planifie ça prochainement). J’étais impatiente d’entrer dans le monde de Simon Snow, et comme l’autrice elle-même m’en avait parlé avant, j’entrais confiante dans cette histoire.

Lu en lecture commune avec Anaïs, de la chaîne Ezila’s Book, nous avons toutes les deux eu le même ressenti : lecture décevante. Pour remettre l’église au milieu du village, Carry On est la fanfiction que Cath, personnage de Fangirl, écrit durant son cursus universitaire. La saga Simon Snow rappelle bien sûr celle d’Harry Potter, et le dernier tome n’étant pas encore sorti, Cath imagine sa propre fin en fanfiction. Le succès est au rendez-vous sur le net ! Mais par contre, Rowell n’a pas écrit Carry On comme Cath l’aurait fait, elle l’a écrit de son point de vue à elle.
En tant que lecteur de Fangirl, nous avons pu apercevoir certains passages de Carry On. Rainbow Rowell avait donc expérimenté le genre fantastique, et voulait maintenant effectuer un virage dans ses romans et tenter complètement l’aventure Simon Snow.
Il y a ce petit quelque chose de Rowell que j’ai retrouvé. Cette lenteur, ces personnages qui se découvrent et prennent le temps de s’apprécier. Dans ses autres romans, c’était quelque chose que j’aimais voir. Malheureusement, dans Carry On, je trouvais que ça n’allait pas avec le genre. Imaginez qu’on vous propulse dans le dernier tome d’Harry Potter. Les personnages se connaissent déjà depuis de nombreuses années, il y a donc certains aspects de l’histoire sur lesquels il n’est pas nécessaire de s’attarder. Et je pense que ce qui m’a le plus dérouté, alors que ça devait sûrement être très drôle, ce sont les noms des sortilèges ! Plus des comptines que des sorts finalement. Et j’ai malheureusement été peu réceptive à ce choix, que j’ai même trouvé un peu ridicule.

Simon Snow entre en dernière année, il est l’élu de tous les mages et va devoir affronter une bonne fois pour toutes une entité maléfique qui efface la magie de certaines parties du pays. Le personnage de Simon n’a pas fonctionné avec moi. Il est un peu niais, et s’attarde sur des détails qui ne valent pas la peine. Du coup, ça fait traîner l’histoire, et même si je me répète, personnellement j’ai trouvé que ce genre de contemplation n’allait pas avec le récit. On patauge dans la semoule.
Le seul personnage qui m’aura fait continuer cette lecture, c’est Baz. Bien qu’il soit très contradictoire sur plusieurs points, il était pour moi la pièce maîtresse du roman. J’avais envie de le découvrir et d’enfin voir LA fameuse scène.

Finalement, j’ai été heureuse de lire de très bons avis concernant ce roman. Ça prouve que Rowell peut faire autre chose. Et c’est une autrice que j’admire beaucoup, et dont je continuerai à lire les livres. Est-ce que l’un d’entre eux surpassera Fangirl, j’en doute, mais j’espère qu’elle me réserve encore de belles surprises.
Si j’avais un conseil à vous donner, c’est de peut-être découvrir l’autrice avec celui-ci, ou sans avoir lu Fangirl avant. Vous aurez peut-être moins d’attentes. C’est ce qui m’a posé problème, je pense. J’en attendais trop.


Autrice : Rainbow Rowell
Editeur : Pocket Jeunesse
Collection : -
Parution : 5 janvier 2017
Pages : 585
EAN-13 : 9782266271523

lundi 3 avril 2017

À un fil

Géorgie est au trente-sixième dessous : cela faisait des années que son mariage battait de l'aile, mais cette fois, c'est la fin. Alors que son mari est parti passer Noël avec ses enfants dans le Nebraska, elle reste seule à Los Angeles, car elle a pris la fâcheuse habitude de faire passer sa carrière avant sa famille. C'est alors qu'elle tombe sur un vieux téléphone jaune à cadran rotatif. Contre toute attente, cette antiquité va lui permettre de faire un bond de quinze ans en arrière et de communiquer avec Neal dans le passé. N'est-ce pas l'occasion rêvée pour résoudre leurs désaccords et retomber amoureux comme au premier jour ?


Mon avis

Je me mets enfin à jour dans les romans de Rainbow Rowell ! Ce que j’aime avec cette autrice, c’est qu’elle passe d’un genre à un autre, ou d’un public à un autre très facilement. J’ai rapidement terminé À un fil, qui est une histoire plutôt originale et pleine de bons sentiments. Trop peut-être ?

Ce qui m’a peut-être le plus dérangé dans ce roman, c’est que Rowell utilise énormément, et sûrement trop de dialogues. Ce qui en fait un roman digne d’un téléfilm, car tout est dans les échanges qu’ont les personnages entre eux. Vu que le fil conducteur repose sur un vieux téléphone jaune, ça tombe bien, mais un peu de contemplation et de détails n’auraient pas fait de mal.

Georgie bosse dans les séries TV et son idée de scénario va peut-être enfin être acceptée par une grosse production. Problème, le directeur souhaite rencontrer son équipe le 27 décembre. Entre temps, il y a Noël, et surtout des épisodes à écrire. Les fêtes en famille tombent à l’eau, ce qui déplaît beaucoup à son mari Neal, homme au foyer qui part avec leurs deux filles, comme prévu, à Omaha. Georgie décide de retourner durant ces quelques jours chez sa mère. Avec son smartphone toujours à plat, difficile de joindre sa petite famille, elle va donc utiliser son téléphone d’ado. Surprise, au bout du fil se trouve bien Neal, son mari, mais la version de ’98 et non celle de 2013. Un joli clin d’œil à Retour vers le futur, où la Delorean se transforme en téléphone jaune.

Le personnage de Georgie est difficile à comprendre pour moi. Elle a beaucoup de réactions étranges, et agit de manière bizarre dans pas mal de situations. Plutôt que d’aller directement acheter une nouvelle batterie, elle me donnait l’impression de faire exprès de ne jamais réussir à joindre son mari. Buté et en colère, ce n’est en tout cas pas ce dernier qui allait faire l’effort de revenir vers elle. Elle passe pour la méchante femme carriériste qui fait passer sa famille après le reste. J’ai trouvé dommage de lui donner cet aspect. On peut être carriériste sans pour autant oublier sa famille. Son associé étant célibataire, bizarrement, ça ne pose pas de problème de son côté.
Je vois que l’autrice a voulu « échanger » les rôles clichés qu’on rencontre habituellement : madame à la maison, monsieur trop engagé dans son travail. Mais ça n’a pas été fait de la meilleure des manières. De plus, Georgie se rabaisse beaucoup. Un passage m’a beaucoup marqué, elle parle des changements entre leur vie sans enfants, et avec. Comme quoi elle était alors la plus sportive des deux, et depuis qu’elle a eu deux enfants, elle se laisse aller. Contrairement à Neal, chez qui le fait d’avoir deux enfants a boosté sa motivation à se raffermir. On insiste sur un détail. J’avais envie de lui dire : ma grande, t’as mis deux enfants au monde. C’est déjà une épreuve en soi, et tu te rabaisses encore et tu complexes par rapport à ton poids ! Moi-même j’ai complexé après ma grossesse, mais je trouvais que l’accent sur cette scène et cet état d’esprit n’était pas positif.

En dehors de cela, l’aspect général du bouquin m’a pas mal plu. Mais j’ai senti qu’elle essayait de sortir des clichés habituels, et finalement je me demande si elle n’est pas tombée dans l’autre extrême ?
Finalement, le coup du téléphone qui appelle dans le passé est plutôt chouette. Ça apporte une jolie touche de magie, et beaucoup de nostalgie pour Georgie. Grâce à ce retour en arrière, elle remet ses idées en place et va enfin ouvrir les yeux sur sa vie. Est-ce que le choix final était à la hauteur ? Peut-être pas. Une autre version aurait pu être beaucoup plus originale, mais elle était digne des belles histoires. Celles qu’on a envie de voir bien se terminer.


Autrice : Rainbow Rowell
Éditeur : Milady
Collection : Littérature
Parution : 23 janvier 2015
Pages : 412
EAN-13 : 9782811213558

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...