mercredi 21 février 2018

Ce que vivent les hommes, tome 1 : Les Noëls blancs

«Du plus loin qu'il se souvenait, les Noëls, dans ce haut pays, avaient été blancs. La neige faisait son apparition dès le mois des morts, s'en allait, revenait, restaurait la beauté des montagnes en une nuit, rendait le monde neuf, comme ce matin, ce 1erjanvier du nouveau siècle, dont François attendait ingénument quelque chose d'extraordinaire qui allait changer sa vie.»

Au cœur des passions humaines, une flamboyante saga qui traverse le siècle.


Mon avis

Signol n’est plus un auteur à présenter pour certains. Auteur reconnu de littérature du terroir, il aime les histoires de familles, de campagne et de vie. Sa duologie sur Ce que vivent les hommes m’a tout de suite séduite. Suivre une même famille sur 100 ans, je trouvais ça original.

La famille Barthélemy n’est pas riche. Locataires d’un petit lopin de terre, les 5 membres de la famille peinent certains jours à manger à leur faim. François, l'aîné, attend un grand changement : le 1er janvier 1900. Le professeur leur a assuré que ce changement de siècle allait être spectaculaire, mais dehors, rien ne semble différent, la neige et les champs n’ont pas bougés. À ce moment-là, il ne se doute pas encore des épreuves que les siens vont devoir surmonter…

Ce premier tome couvre 40 ans de vie et d’histoire. Une première guerre mondiale très présente pour François et Matthieu Barthélemy, mais aussi pour Lucie Barthélemy, bonne dans une grande demeure à Paris. Les vies sont malmenées et brisées.
Signol est doué pour faire vivre ses personnages, j’ai aimé les suivre. Les découvrir enfants et les voir grandir. Le siècle avance, et eux avec. Les rêves changent et les amours apportent espoir ou tristesse.

Je me suis attachée à Lucie, c’est celle qui se détache le plus de ce trio. Elle doit surmonter des douleurs qui ne sont jamais faciles, que ce soit pour un être humain du 20e ou 21e siècle.

C’est avec plaisir que je lirai la suite, pour les voir grandir encore.


Auteur : Christian Signol
Éditeur : Albin Michel
Collection : -
Parution : 1er octobre 2000

Pages : 454

dimanche 18 février 2018

Almost Midnight

Midnights is the story of Noel and Mags, who meet at the same New Year's Eve party every year and fall a little more in love each time . . .

Kindred Spirits is about Elena, who decides to queue to see the new Star Wars movie and meets Gabe, a fellow fan.


Mon avis

Tout ce que Rainbow Rowell écrira, tu liras. Ce commandement (siiiii, il existe), je le suis à la lettre. C’est le cas de le dire. Ce petit livre tout pailleté n’est sorti qu’en anglais pour l’instant. Il comporte deux nouvelles, l’une a été traduite dans le recueil Minuit chez Gallimard Jeunesse, l’autre pas du tout.
Pour ce qui est de la compréhension, Rowell a une plume accessible, donc si vous avez envie de vous mettre à la lecture en anglais, tentez le coup avec ces deux histoires.

Sur les deux, ma favorite est la première.
Noel et Mags se rencontrent par hasard à une soirée de Nouvel An et vont sympathiser. Aux 12 coups qui annoncent la nouvelle année, Noel se laisse embrasser par une fille, qui n’est pas notre héroïne. L’année suivante, même endroit, mais une année d’amitié en plus. Ils sont devenus inséparables! Mais le fameux baiser, tant attendu par Mags, tarde à venir…
J’ai trouvé cette histoire très mignonne. On est touchés par Mags qui doute et qui n’ose pas faire le premier pas. Et un peu agacés par l’aveuglement de Noel. On se rassure, tout finit bien, et la magie de la nouvelle année fait son petit effet.

Kindred Spirits est une lecture qui plaira aux fans de Star Wars ! Elena est fan de la saga, et n’en revient pas qu’un nouveau film sorte en 2015. Tellement emballée, elle s’imagine déjà la longue file d’attente devant le cinéma, les échanges entre fans et les nuits à attendre. Et pourtant, rien de tout ça! Devant elle se trouvent deux personnes, qui ne participent que partiellement à la bonne ambiance.
N’étant pas une grande adepte de Star Wars, forcément, j’ai été moins emballée. Les références ne me touchaient qu’à moitié. Pourtant, les deux personnages qui vont se rencontrer sont attendrissants, et assez drôles. J’ai donc passé un bon moment avec eux, le jour de la sortie de Star Wars VIII pour ma part, soit pile deux ans après cette histoire. Jolie coïncidence.

J’aime les ambiances de Rowell. Elle arrive toujours à faire ressentir de belles choses, avec peu. Elle me touche toujours (enfin presque), et j’aime découvrir ses personnages.


Autrice : Rainbow Rowell
Éditeur : Macmillan Children’s Books
Collection : -
Parution : 2 novembre 2017

Pages : 144

jeudi 15 février 2018

Ceci n'est pas qu'une comédie romantique

Lorsque Bébé se réveille en sursaut dans un avion qui atterrit au coeur des montagnes enneigées, elle se demande ce qu'elle est venue faire dans cette galère. L'explication est en fait très simple : elle s'est fait retourner le cerveau par sa meilleure amie. La voilà coincée pour deux semaines dans un chalet somptueux parmi des amis trop fêtards, le genre à faire couler le champagne à flots. Tout ce qu'elle déteste. Tout ce dont son coeur cabossé n'a pas besoin.
C'est du moins le programme de départ.
Une fois arrivée, Bébé apprend qu'une tempête cloue tous les avions au sol. Qu'elle sera seule dans ce chalet ultra design. Sauf que derrière la porte, l'ambiance est plus tamisée que prévu, et bien moins solitaire. Un blond aux yeux verts «bien trop beau pour être vrai» lui a préparé des Saint-Jacques et l'attend. Il est décidé à lui faire avouer tous ses secrets.
Peut-être qu'elle va adorer ça.


Mon avis

Pas de Cold Winter sans petite romance de Noël ! Cette année, je me suis lancée dans celle de Julie Grêde, avec la bonne dose de chocolat chaud et chalet enneigé. Saupoudré de quelques miettes de cœurs brisés, le mélange était parfait.

Grey, alias Bébé, est la meilleure amie de Lau. Pour une fois, elle est d’accord de passer les fêtes avec Lau et ses amis, dont elle n’approuve pas du tout le comportement de fêtards. Manque de chance, les avions ne décollent plus à cause de la neige. Bébé se retrouve seule dans le chalet super luxueux de Lau. Seule ? Pas tout à fait… JB n’habite pas loin, et a été missionné par Lau pour tenir compagnie à sa meilleure amie, dont le cœur est à recoudre.

Une belle surprise, malgré la simplicité du scénario et des personnages. Pas fan des clichés dans les romances ? Cette histoire n’est pas faite pour vous. J’ai eu quelques frayeurs, car je pensais que l’autrice allait trop verser dans le drama-romantique. Et finalement, certes les codes de la romance sont bien présents, mais l’autrice s’en amuse aussi beaucoup, en les tournant en dérision. Les différentes consciences de Bébé viennent pimenter les scènes trop simples. Et l’héroïne elle-même rit de son comportement parfois trop chamallow.
JB est trop parfait, ça peut faire partie des défauts. Vraiment trop parfait. Même quand on creuse et qu’on découvre ses failles, il est encore trop tout. Il m’aura pas mal agacé. Mais quand on le met en duo avec Bébé, ça fonctionne. Leur relation avance très vite, sur la période entre Noël et Nouvel An. Mais pourquoi pas. Les références du cinéma romantique sont là aussi, et ajoutent une couche de tendresse à cette histoire. Pas nécessaire me direz-vous, mais croyez-moi que ça apporte son petit truc en plus.

Sans trop pouvoir me l’expliquer, il y a eu les bons ingrédients pour que je m’attache aux personnages et que j’ai des frissons de désir avec eux. Souvent dans les romances, on sait qui finit avec qui, mais c’est toute la construction de cette relation qui est intéressante. Bien qu’ici elle ne soit pas révolutionnaire, Julie Grêde a réussi à apporter sa touche pour me faire apprécier son histoire.

Le personnage qui était là pour faire rire et désamorcer les situations tendues, n’aura par contre, pas du tout fonctionné sur moi. Raphaël, l’ami gay de Lau, en fait trop. Il est grande gueule, cash et trop direct (même face aux gens qu’il connaît à peine) et on trouve ça drôle. Pas mon genre de personnage. Il aura été mon ombre au tableau. Mais quand il se calme un peu, il devient tout de suite plus amical et apprécié.

Envie de feu de cheminée, de gamelles dans la neige, et de tendres baisers au chocolat ? Ce livre est idéal.


Autrice : Julie Grêde
Éditeur : PIXL
Collection : -
Parution : 23 juin 2016
Pages : 263


lundi 12 février 2018

Le puits des mémoires, tome 3 : Les terres de cristal

Au coeur de Woltan, tandis que se lèvent les premières tempêtes de neige, Nils, Karib et Olen luttent encore pour survivre. La menace du complot pèse plus que jamais dans cet immense royaume où les assassins règnent en maîtres. Loin, très loin au nord, s'étendent les Terres de cristal, dont les glaces éternelles dissimulent un terrible secret. Dans le luxe des palais où chacun pourrait être un traître, les fugitifs sans mémoire savent désormais qui ils sont. Mais le danger n'en est que plus grand, car la vérité se rapproche...


Mon avis

Peut contenir des spoils concernant La traque et Le fils de la lune.

Et voilà la fin ! Oui, je ne pouvais pas attendre, et comme la neige, le froid et la glace sont très présents, il était parfait pour le Cold Winter.

Un très bon final. Mon préféré des trois restera le deuxième, qui pour une fois n’est pas celui qui est plus bas que les autres. C’est très souvent mon ressenti dans les trilogies ou sagas, donc surprise de l’effet inverse ici. En fait, les révélations du second sont tellement exceptionnelles, que le dernier volet aurait dû trouver encore mieux. Et ça aurait été trop, je pense. Un bon dosage de rythme. Le lecteur est toujours tendu, jamais tranquille, tout comme les personnages. Je souligne, une nouvelle fois, que Gabriel Katz sait y faire avec ses intrigues.

Pas de monde de bisounours ici, Woltan est un pays glacial, et le trio de héros va continuer à en baver. Les gens qui gravitent autour d’eux également. Ce que j’aime, c’est que ce n’est facile pour personne. Je me souviens avoir dit une fois que je détestais ces histoires où le méchant attend le dernier moment pour s’en prendre au héros, qui forcément va flanquer son plan par terre. Classique. Ici, les méchants n’arrêtent pas de mettre des bâtons dans les roues des « gentils ». Ce qui me semble beaucoup plus crédible. Donc chacun se fait avoir et a de plus en plus de peine à se relever.

Je peux confirmer que mon personnage favori aura été Nils, à tous points de vue. Son caractère, son identité et son passé, tout ce que l’auteur a construit autour de lui m’a plu. Olen était le plus drôle, mais aussi le plus buté des trois. Et Karib est trop proche de la voie de la sagesse pour moi.
Chacun sait maintenant qui il est. Ce qui ne facilite pas leur vie, bien au contraire. Mais plutôt que de se ronger les sangs, ils passent à l’action, et arrivent même à jouer le même jeu de fourbe que les autres. Des fois ça marche et des fois non. Encore une fois, les gentils ne gagnent pas toujours.

Une atmosphère encore plus froide que le deuxième tome ? Oui ! C’est possible. Encore plus au nord de Woltan se trouvent les terres de Cristal, et nous y resterons une bonne partie du roman. Quand un vent est capable d’arracher la peau du visage des imprudents, ça vous met tout de suite dans l’ambiance.

Merci à l’auteur de répondre à une grosse interrogation en nous révélant en bonus, après la fin, l’épilogue du brouillard ultime ! La grande part d’ombre nous est vraiment, enfin révélée, et met un point final à cette intrigue. Sans pour autant clôturer complètement l’intrigue…

Vous l’aurez compris, foncez les yeux fermés sur cette trilogie si vous en avez l’occasion. Elle déboîte !


Auteur : Gabriel Katz
Éditeur : Scrinéo
Collection : -
Pages : 400
Parution : 21 mars 2013


mercredi 24 janvier 2018

Charley Davidson, tome 8 : Huit tombes dans la nuit

Avec douze chiens de l'enfer à mes trousses, il n'y a qu'un seul endroit où je pouvais me réfugier : un vieux couvent à l'abandon. Mais m'y terrer pendant des mois, enceinte jusqu'aux oreilles, n'a rien d'une sinécure. D'autant que Reyes semble malade même s'il me jure qu'il va bien. Heureusement, je ne manque pas d'amis. Et j'aurai bien besoin d'eux, parce que ce qui s'annonce a de quoi surprendre n'importe qui, même moi !


Mon avis

On se souvient de la fin du tome 7 ? Ok, Darynda Jones monte le niveau encore d’un cran ! Oui, c’est possible. Pourtant, l’action va se dérouler sur quelques jours, et non pas des semaines comme elle avait l’habitude de le faire.

Charley, toujours enceinte mais bientôt au bout, est cloîtrée dans un couvent pour éviter que les chiens de l’enfer ne les déchiquètent, elle et Pépin. Reyes est un véritable zombie et ne dort pas depuis des mois (8 pour être exacte) de peur de perdre les deux femmes de sa vie. De plus, il y a le mariage de Cookie et oncle Bob. Bref ! Tout le monde est serein et pas du tout sous pression. Et pour finir, Charley, incapable de rester en place, mène deux enquêtes à distance.

Les réponses arrivent, l’action se prépare et ce huitième tome déboîte ! J’avais peur en le commençant, car la première journée est interminable. Avec Moody, on pensait même que tout le roman allait tenir sur cette unique journée. Mais non, heureusement. On a des questions en tête depuis le début, et là, elles trouvent enfin réponse !
Encore une fois, quand le plus important commence, ça va très vite, et il faut suivre. La plume de l’autrice est toujours très rapide, et on n’a pas toujours le temps d’intégrer ce qu’elle vient de nous révéler. Elle joue sur le retournement de situation, et même la petite enquête qu’essaie de résoudre Charley passe complètement au second plan.

Pour ce qui est du réalisme de la grossesse de Charley, on repassera, je mets ça sur le compte de son état de faucheuse ++. Car non, enceinte tu ne peux pas soulever une masse. T’es à peine capable de te baisser pour mettre des chaussettes. Mais soit.

Même si le début est un peu long, la suite remonte le niveau et nous apporte des réponses qu’on attendait depuis longtemps !


Autrice : Darynda Jones
Éditeur : Milady
Collection : Bit-Lit
Parution : 22 janvier 2016
Pages : 379

EAN-13 : 9782811216412

samedi 20 janvier 2018

Le puits des mémoires, tome 2 : Le fils de la lune

Fuyant le royaume d'Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen sembarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n'ont pas abandonné la traque... Pour les fugitifs sans mémoire, c'est l'heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu'à un fil.


Mon avis

Des fois, j’attends des mois (ou des années) avant de lire une suite, mais là… il me fallait continuer. Gabriel Katz est super fort pour les intrigues et les révélations. Le premier volet de cette trilogie lançait bien la machine, le tome 2 est quant à lui hallucinant !

On laissait Nils, Olen et Karib sur un bateau, après avoir réussi à fuir les cavaliers qui les poursuivent depuis des semaines. Toujours sans mémoire, ils essaient chacun de se souvenir qui ils sont, et ce qui pousse tout le royaume de Woltan de les pourchasser à travers plusieurs pays. L’intrigue est donc encore bien épaisse, difficile d’y voir clair dans cette purée de pois.
Arrivés à Woltan, sur les lieux « du crime », l’heure est aux révélations. On n’attend pas le troisième et dernier tome pour enfin avoir des réponses ! Karib et Olen retrouvent rapidement leurs véritables identités, et tout ce qu’elles comportent. Nils restera plus longtemps dans le brouillard.

Niveau palpitations, cette suite joue avec nos nerfs. On tremble et on tourne frénétiquement les pages pour espérer enfin avoir une réponse. Un début de révélation. Bref, qu’on réponde à nos nombreuses interrogations.
Le trio est toujours aussi tordant. Ces trois ce sont trouvés. Ils se complètent parfaitement, et c’est encore plus drôle à voir quand leurs identités sont révélées. Nils est toujours mon préféré (et à l’heure où j’écris cette chronique je suis en pleine lecture du dernier tome, et il l’est toujours). Sa patience et son calme à toute épreuve m’impressionnent et me rassurent aussi. Même si les choses commencent à avancer, il garde son flegme. Olen est plus fougueux et imprévisible ! Quant à Karib, il arrive rapidement à se refaire à son ancienne vie et tente de garder le contrôle et de faire face, sans rien montrer de son ignorance.

Le message de ces romans est intéressant. Comment vivre, sans mémoire ? Et si dans notre ancienne vie, celle avec mémoire, nous étions complètement différents de ce qu’on est en train de devenir maintenant ? Les trois personnages vivent exactement cette situation. Parfois, des bribes de réactions de leurs anciennes vies reviennent, et leurs paraissent étrangères, alors que ce sont des automatismes. Si nous étions avares, deviendrons-nous généreux ou dépensiers dans notre nouvelle vie ? L’auteur s’amuse avec ses personnages, efface la craie du tableau, et recommence. Mais des fois, l’éponge n’enlève pas tout, il reste des traces et on peut les apercevoir selon l’angle ou la lumière. La mémoire d’Olen, Karib et Nils fonctionne un peu comme ça.

Les paysages changent dans ce nouveau tome. Fini le désert et la sécheresse, Woltan est une terre de neige et de glace. Idéal pour le challenge Cold Winter, en plus ! Forcément que je suis bien plus séduite par cet atmosphère glaciale que par la chaleur du tome précédent.

Je n’en attendais pas moins de cet auteur, de cette trilogie. Pour l’instant, je suis conquise.


Auteur : Gabriel Katz
Editeur : Scrinéo
Collection : -
Parution : 18 octobre 2012
Pages : 407
EAN-13 : 9782919755929


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